Osteopathie-64

Ostéopathie structurelle, viscérale et crânienne

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L’illusion de l’efficacité en ostéopathie (Part 1): Placebo VS Mambo Jambo

Certains sceptiques hypocrites continuent de prétendre que l’ostéopathie n’est que du placebo.

Mais il serait tout aussi hypocrite de ne pas accepter que le placebo ait une part très importante dans l’efficacité thérapeutique de l’ostéopathie.

Ce placebo se mêle à nos biais cognitifs pour donner l’illusion d’une efficacité ostéopathique au patient et au thérapeute. Bien comprendre les mécanismes du placebo et comprendre en profondeur nos biais cognitifs nous permet d’être plus objectif envers notre approche thérapeutique. Il devient alors plus facile de savoir ce qui fonctionne réellement de ce qui relève de la “fantaisie thérapeutique“. On peut alors se donner les moyens d’améliorer son efficacité thérapeutique et réfléchir à 2 fois avant de dépenser son argent dans des formations continues chères et “fantaisistes”.

Le terme “fantaisie thérapeutique” désigne tout le mambo jambo qui gravite autour de certaines approches thérapeutiques. Toutes les thérapies en ont dans une proportion plus ou moins grande. Il s’agit de techniques ou d’explications qui ne sont pas scientifiquement démontrés et/ou qui non pas plus d’efficacité qu’un placebo similaire.

L’effet placebo est utile, et il faut impérativement s’en faire un allié thérapeutique contrairement à l’approche allopathique classique qui y voit souvent un adversaire contre lequel il faut mieux faire. De plus l’effet placebo étant un effet psychologique, il influence fortement le soma via des réflexes psycho-somatiques, l’une des expressions est l’effet idéo-moteur. Ignorer cette dimension du traitement peut saborder majestueusement l’efficacité thérapeutique de l’ostéopathe.

Ostéopathie-64 a déjà couvert plusieurs sujet sur le placebo. Il a notamment été conclu que l’effet nocebo était susceptible de pouvoir tuer ( voir article sur l’effet placebo), qu’une thérapie placebo était susceptible de pouvoir soigner là où une thérapie conventionnelle ne le pouvait pas (voir article effet placebo dans les thérapies alternatives) remettant en cause l’inutilité du charlatan… L’article qui suit est une sorte de remodelage de l’article effet placebo en ostéopathie en essayant de se focaliser sur les différences entre un placebo sain et une approche charlatanesque.


Placebo ou mambo jambo ?

Le placebo est l’effet psychologique du traitement qui influe de manière positive sur l’efficacité thérapeutique. Le thérapeute a donc tout intérêt à booster les effets psychologiques positifs de ses traitements pour en augmenter “l’efficacité”. Le placebo influe par l’effet des suggestions. Ces suggestions peuvent être visuelles, auditives, olfactives/gustatives, et proprioceptives. On pourra distinguer 2 types extrêmes de thérapeutes utilisant le placebo:

  1. Ceux qui pratiquent de manière charlatanesque : Ils utilisent des thérapies  “Mambo Jambo” qui n’ont pas d’effets autres que placebo. De plus ils développent une croyance envers leur approche fantaisiste sous le couvert d’explications pseudo-scientifiques.
  2. Ceux  qui utilisent des techniques de suggestion durant le traitement (en plus de leur approche réaliste) et qui le font sciemment: Ils utilisent l’effet placebo ou la suggestion à leur avantage. Ce placebo est sain et potentiellement plus puissant que du mambo jambo car il peut plus s’adapter aux besoins/croyances du patient. Alors qu’utiliser un mambo jambo qui demande certaines croyances peut rentrer en conflit avec celles du patient et cela a de fortes chances de créer un effet nocebo. De plus on pourra y cumuler (dans une certaine mesure) l’effet dû à l’efficacité réelle de la thérapeutique.

Entre ces 2 extrêmes thérapeutiques il existe un nombre important  de tons de gris, vous l’imaginez entre ceux qui:

-pratiquent un peu de manière charlatanesque et réaliste
-pratiquent de manière réaliste mais avec des explications fantaisistes
-croient pratiquer de manière réaliste, mais qui sont victimes de leurs biais cognitifs
-pratiquent de manière réaliste mais qui n’utilisent pas bien le placebo jusqu’à provoquer des effets nocebo!
-…

Une remise en question nécessaire pour tout thérapeute qui se respecte

Questionner son approche ostéopathique (ou thérapeutique), bien que fascinant, remet énormément en question les croyances que nous avons en nos propres capacités thérapeutiques. La dégringolade devient alors assez violente pour son amour-propre car à un moment la question qui foudroie se doit d’être posée :

Mon approche thérapeutique est-elle plus efficace qu’une approche placebo similaire ?

“Est-il possible que je sois un Charlatan ?”

Lorsque le doute s’installe (ce qui n’est vraiment pas agréable comme sensation), vous êtes sur le bon chemin de l’objectivité thérapeutique. En effet vous vous permettez dorénavant de douter profondément de vous-même et par conséquent vous vous permettez d‘être objectif vis à vis de votre capacité thérapeutique dans le cas où vous seriez réellement inefficace.

Il est évident qu’une telle remise en question altère fortement l’image d’une ostéopathie magique, universelle et transcendantale que l’on imaginait. Une image naïve de l’ostéopathie qui rejoint le monde des licornes, des chevaux ailés, et de Harry Potter…


Pour arriver à savoir si son approche est plus efficace qu’un simple placebo, il faut tout d’abord comprendre ce qu’est le placebo, quelles sont ses subtilités, ses mécanismes et quel est son potentiel d’action. Ensuite on pourra faire des recoupements avec certaines “thérapies” où on distinguera les mêmes mécanismes, les mêmes subtilités et le même domaine d’application… L’implication du fait que le placebo soit fortement à l’oeuvre est alors à envisager.

Quelle est la vraie part de

placebo et/ou de mambo jumbo

dans nos thérapies ?

Admettons le, de nombreuses approches thérapeutiques ne font pas  mieux (ou pas beaucoup mieux) que du placebo. Et nombreuses sont ces approches, méthodes, ou protocoles, qui s’invitent en Ostéopathie.
L’Ostéopathie a déjà du mal à prouver de manière concluante qu’elle a une influence positive importante sur la mécanique corporelle à cause de la richesse de ses techniques de diagnostics et de techniques musculo-squelettiques, viscérales, neurales, vasculaires et fasciales. Que se passe-t-il alors quand l’ostéopathe y combine une approche qui est encore moins prouvée et qui peut se révéler être du mambo jambo ?
N’augmente-il pas les chances d’avoir une approche charlatanesque ?
Nous ne souhaitons certainement pas cela. Alors quelles sont ces thérapies ou approches abracadabrantes ???

Osons poser la question !

Osons émettre des noms de suspects !

Osons les mettre à l’épreuve !

L’approche allopathique ? pour certains médicaments et certains actes oui.

La kinésithérapie ? oui certains protocoles et certaines machines le sont.

L’ostéopathie ? évidemment certaines techniques, méthodes de diagnostic ou explications.

Qu’en est-il de :

la kinésiologie, l’aromathérapie, le magnétisme, l’iridologie, la micro-kiné, la méthode mézières, la lecture d’aura, le pendule,le reiki, la réflexologie, l’acupuncture, le traitement par aimants, l’herboristerie, le chamanisme, la naturopathie, la micro-nutrition, le power balance, Fleurs de Bach, la biokynergie, l’homéopathie, le vaudou, les prières, la réincarnation, la psycho-généalogie, la ‘crystal therapy‘(…) ?

Dans chacune de ces “thérapies” où est la part d’efficacité réelle (en dehors de l’effet placebo) et où est la part de placebo ? Où sont les explications fumeuses ? Quels sont leur potentiel d’efficacité placebo et/ou réaliste ?

Le thérapeute désirant pratiquer certaines de ces approches se doit de douter de leur efficacité “pseudo-réelle” magnéto-énergétiquo-astrologico-alphabético thérapeutique… Un minimum de décence du thérapeute vis à vis de ses patients (et de lui-même) voudrait qu’il soit objectif et questionne leur utilisation. Si cette thérapie n’est pas plus efficace que du placebo, le cas de conscience se pose alors: “Dois-je continuer à offrir ce service ?” “Puis-je continuer à mentir à mes patients même pour leur bien ?””Est-ce que je peux m’autoriser à implanter de fausses croyances en mes patients pour mon enrichissement financier personnel ?””Quel est mon point de vue sur le charlatanisme ?”

Il y a ça d’étrange avec le placebo, c’est que ni les thérapeutes ni les patients ne veulent reconnaître en être la “victime”… Pourtant ‘ON’ lui attribuerait une efficacité de près de 30% pour certains troubles. Il ne serait pas étonnant si sa part d’efficacité ne se rapprocherait pas de 40-50% dans le domaine des dysfonctions somatico-viscérales et même peut-être plus… (si cela veut dire quelque chose :))

Le danger de la croyance du thérapeute en son mambo jumbo ostéopathique

Certains mambo-jambo thérapeutes redoutent n’offrir qu’une simple approche placebo, ou utiliser dans leur traitement certaines techniques fantaisistes. Afin de se déculpabiliser ils se disent “Et alors où est le mal ? ça aide le patient même si ça n’est que du placebo !” Un peu trop facile comme échappatoire…


Si ces thérapeutes ne remettent pas en question leur approche, il y a risque qu’ils plongent et nagent dans leur croyance potentiellement fausse. Comment peuvent-ils faire les choix qui vont les faire tendre vers une meilleure pratique ?

Mais d’autres problèmes surgissent:

-Lorsqu’un thérapeute a recours au charlatanisme alors il risque d’implanter une croyance potentiellement fausse chez le patient. Il l’infecterait alors d’un virus mental qui viendrait perturber sa rationalité. Par la contagion de cette croyance, il participe ainsi à la régression du niveau intellectuel de l’humanité. Et risque de voir décrire son approche comme sectaire.

-De plus cela encourage le thérapeute à s’éloigner fortement d’un diagnostic d’origine pathologique sous-jacente de la douleur, car il privilégie alors ‘palper les couches énergétiques du corps astral’, à ‘tester des réflexes avec son marteau ou de prendre la tension artérielle’.

Autant il est difficile de se rendre compte des conséquences de l’infection mentale d’une croyance erronée, mais par contre les conséquences d’une pathologie sous-jacente ignorée met potentiellement la vie du patient en danger (retard dans le diagnostic).

Par exemple : Un thérapeute croyant à la réincarnation peut trouver à l’explication d’un mal abdominal/dorso-lombaire le fait que dans une vie antérieure le patient fût victime d’un coup de fourche dans l’abdomen alors qu’en fait il souffre d’un calcul rénal…

  • Imaginons que le calcul passe et que le patient n’ait plus mal. Ce que racontait le thérapeute était certainement vrai: “le traitement qu’il m’a fait a fonctionné, la réincarnation existe!” Conclusion enthousiaste hâtive et biaisée du patient.
  • Et si le calcul ne passe pas et qu’il est découvert par des examens complémentaires : Le thérapeute sous l’influence de sa croyance de réincarnation se dira que le patient à bien somatiser ce trauma d’une vie passée à tel point qu’il en a eu un calcul. Douteux comme raisonnement vous en conviendrez, en tout cas cela peut soulager efficacement la petite conscience  de notre thérapeute de toute erreur de diagnostic et de se faire reconnaître par certain comme prodigieux pour son raisonnement.

Comment utiliser le placebo sans avoir recours au Mambo Jumbo ?

Le placebo c’est de la suggestion avant tout. Les thérapies mères ou maîtresses de la suggestions sont l’hypnose, la PNL et la sophrologie. Bien comprendre ces thérapies permet de comprendre le mécanisme du placebo de nombreuses thérapies mambo-jumbo. Quelque part l’hypnose et la PNL sont des thérapies placebo, mais des thérapies placebo saines car elles ne mentent pas au patient sur leur explication : Elles utilisent la représentation imaginaire de la réalité du patient pour traiter tel ou tel trouble.

Une partie de l’efficacité du placebo et du mambo jambo réside dans le fait que le patient est conditionné par l’environnement du traitement lui-même, à répondre positivement à vos suggestions (“répondez à mes questions, asseyez-vous, déshabillez-vous, résistez, détendez-vous…”). C’est un des pré-réquisites en hypnose pour doucement amené le patient dans un état de plus en plus suggestible. Cet état de suggestibilité accrue, diminue ses capacités à être critique par rapport à ce qu’on lui suggère et part plus facilement dans son imaginaire.  Les suggestions données vont tordre la réalité imaginaire du patient. Le verre à moitié vide devient à moitié plein et continue d’ailleurs de se remplir.

Par la suite seront utilisés différents outils pour travailler cet imaginaire (verbaux, visuels, olfactifs, proprioceptifs…) cela modifie le recours à l’utilisation de certains processus cérébraux afin de modifier la réaction face à certaines stimulations (en cassant des réflexes de pavlov par ex)

Voici un exemple de différence entre 2 thérapeutes utilisant une imposition des mains sur une vieille blessure de genou qui continue d’être gênante après des années alors que l’atteinte musculo-squelettique est très modérée. Le patient a développé au fur et à mesure une croyance d’incurabilité vis à vis de ses symptômes car il s’est créé un “effet-idéohypersensitif”. L’utilisation d’effet placebo est recommandé car il agirait sur cette croyance en la “levant/en l’exorcisant“. Nous allons utiliser l’exemple de l’imposition des mains ou magnétisme ou reiki comme type d’approche et un thérapeute qui impose sa main en utilisant du placebo sain. Peut-être que le magnétisme est “réellement” efficace comme thérapie, peut-être… là n’est pas le sujet du débat dans son utilisation comme exemple:

Le magnétiseur:

Vous avez un trou énergétique dans la 3ème couche de votre champs aurique. Avec mon énergie intersidérale quantique je vais le boucher et le remplir, vous ressentez cette énergie ? Une sensation de  chaleur ou de picotement peut-être ? Voilà ça se cicatrise et ça se rééquilibre (en respirant fortement). Maintenant on va lisser ses couches énergétiques afin de rééquilibrer votre aura (le thérapeute pousse un petit cri continu et strident ‘kniiiiiiiiiiiiiiiiiiiii’ tout en faisant glisser ses mains 10cm au dessus du genou exactement 7 fois.” À la fin le thérapeute secoue vigoureusement ses mains pour donner l’impression de chasser des impuretés énergétiques (ou vraiment le faire ?).

Le thérapeute utilisant un ‘placebo sain': ( à lire PNL comment doper le placebo)

_Th : “Nous allons travailler sur la relation imaginaire que vous avez avec votre douleur chronique. Fermez les yeux et concentrez-vous sur le contact de ma main sur votre genou. Essayez de recréer ce ressenti de douleur, comment le décriveriez-vous ? (pour un patient ‘visuel’) essayer de donner une forme, une couleur, une texture peut-être ? à cette gêne (en utilisant une sensation synesthésique comme dérivation, on va essayer de modifier le ressenti du genou atteint en sortant du cercle vicieux auto-suggestif). Comment décriveriez-vous le genou sain ? (Le but de l’exercice va être de modifier la perception visuelle du genou atteint pour tendre vers celle du genou sain). Que pouvez faire pour modifier la forme de cette gêne ? Vous êtes dans votre imaginaire, il n’y a pas de limite à ce que vous pouvez faire (faire fondre, modeler, écraser, extirper, injecter un liquide ultra-visqueux, endormir, paralyser,anaesthésier…) Faisons de même avec la couleur… Quels sont les implications dans votre vie de cette gêne de genou ? imaginez qu’elles disparaissent, vous zoomer en arrière , toutes les limitations de votre genou s’effiloche, Vous vous voyez réussir  à faire des activités qu’auparavant  vous n’arriviez pas à faire …
Cette description donne juste une idée grossière du travail que l’on peut effectuer sur l’imaginaire du patient vis à vis de sa douleur avec des techniques et suggestions hypnotiques, ou de PNL.

Vous en conviendrez il existe certaines similarités mais aussi certaines différences. Alors qu’avec le premier exemple on nage en pleine croyance (vrai ou fausse ?) dans le second exemple on sollicite simplement l’imaginaire du patient.

Jusqu’où va le pouvoir de suggestion ?

Par le biais de la suggestion il est possible de créer des hallucinations visuelles, temporelles, auditives, olfactives, proprioceptives. Il est possible par l’hypnose de vous faire voir un génie qui sort d’une bouteille, ou de rendre quelqu’un ou un objet “invisible”. Ou encore de rendre un membre ou tout le corps paralysé. Il est possible de modifier le ressenti d’une douleur ou de rendre une partie du corps insensible. Il existe aussi des scriptes d’hypnose pour les verrues, ou les brûlures…

La kinésiologie et la cristal therapy fortement influençable par la suggestion ?

L’un des plus grands maîtres actuels dans le domaine de la suggestion est incontestablement Derren Brown. Derren Brown est un illusioniste anglais qui depuis près de 10 ans réalise des tours extraordinaires grâce à la suggestion et à l’hypnose. il s’intéresse aussi  à explorer le rôle de la suggestions dans les thérapies alternatives. Voici dans 2 extraits vidéos (en anglais) où  il démontre comment la suggestion de la “cristal therapy” peut avoir un effet sur notre force musculaire.

Si ce test de force musculaire est si facilement biaisable par la suggestion, que faut-il penser de toutes les thérapies qui utilisent ce genre de testing pour leur diagnostic ?

Vous en conviendrez, ce genre d’expérience soulève des questions intéressantes dans le domaine de la kinésiologie qui est une approche de diagnostic et de traitement qui teste votre force musculaire pour évaluer (entre autres) les perturbations électro-magnétiques d’un allergène sur votre corps.

De même que penser lorsqu’en posturologie, on vous fait mordre dans un baton pour “rééquilibrer” la machoire et on teste ensuite votre force musculaire d’une manière similaire pour savoir si cette ‘correction’ à un impact positif sur votre santé physique.

Mettons-nous en situation:

Imaginez-vous devant un “Docteur” debout ne sachant pas dans quelle posture vous mettre (détendu? prêt ? agressif ?dominant? bien dans ses baskets ?). Il vous explique que vous êtes de traviole surtout au niveau de la mâchoire “une grosse asymétrie quand on vous regarde bien”. Une cascade de questions déferle en chaîne dans votre cerveau. Imaginez tout ce que cette simple affirmation, probable vérité implique sur la vision que vous aviez de vous ? J’ai donc une sale gueule ?Personne ne me l’a dit avant… C’est que ce doit être vrai, ils n’osaient pas me le dire? Je doute, qu’est ce que… _Dr :”Maintenant essayez de résister” (Essayer en terme suggestif implique le fait de ne pas y arriver) Pas de force dans le bras, vous avez bien suivi la suggestion, le Dr vous encourage dans ce qu’il vient de se passer: “vous voyez il y a bien un problème avec la mâchoire”. On reteste maintenant avec une cale. _ Dr: “Vous allez voir ça va changer les choses”. “Vous résistez à ma pression”. (Inconsciemment vous voulez valider la thèse du Dr sinon cela créerait une situation psychologique délicate/gênante. Vous n’êtes pas dans un rôle dominant dans cette situation, vous cédez à la suggestion du Doc. Votre problème de posture vient bien de votre machoire)

Vous aussi ça vous rappelle le bracelet Power Balance et ses tests d’équilibres critiquables?

Difficile de ne pas s’imaginer que le placebo soit fortement à l’oeuvre.

La poupée voodoo une influence par la suggestion ?

Sur cet extrait le voici faire la même chose sur une “victime” à l’aide d’une poupée voodoo. Il paralyse sa victime et la rend incapable de parler par la seule suggestion de l’utilisation de la poupée. C’est tellement impressionnant que l’on veut croire que la personne est de mèche. Pourtant depuis 10 ans que Derren Brown fait ces shows pas une seule personne n’est venue vers la presse pour dire qu’on l’avait payée ou soudoyée.

Évidemment ce n’est pas parce qu’on arrive à un résultat par la PNL ou l’hypnose qu’une thérapie qui offre le même résultat est une thérapie placebo, mais en tout cas cela montre à quel point cet effet de suggestion est puissant et devrait alors pousser la thérapie que l’on pratique à faire au moins aussi bien que par ces “sciences du placebo“. Cet effet placebo donne une efficacité dont on a l’illusion qu’elle provient du traitement.

Conclusion

À cause de l’effet idéomoteur il est essentiel d’avoir un bon rapport avec le patient. Si le patient n’a pas confiance ou ne croit pas à l’approche du thérapeute il risque de créer un effet idéomoteur “braquant” sa tonicité musculaire. Il ne se relâchera pas, ce qui va exactement aux antipodes de ce que l’on recherche comme effet en ostéopathie.

La compréhension du placebo de nos thérapies est importante afin de nous aider dans notre objectivité thérapeutique. Avoir le courage de s’avouer charlatan relève d’une franchise exemplaire. Même si l’approche charlatanesque est reprochable par sa croyance sectaire, elle permettrait tout de même de traiter là où une autre thérapie conventionnelle ne le peut pas (lire article sur effet placebo dans les thérapies alternatives).

Que l’État participe à la recherche dans ces thérapies alternatives, peut s’avérer très enrichissant pour l’avenir du choix thérapeutique et aussi cela permettrait d’officialiser ce qui marche de ce qui est véritablement du mambo jambo. Ce procédé passe notamment par une recherche en milieu hospitalier pour les plus sérieuses des prétendantes. Aussi est-il choquant de savoir qu’un lobby kinésithérapeutique est derrière l’élimination de la présence d’ostéopathes exclusifs en milieu hospitalier voir ici et icilorsque les résultats sont encourageants…

La médecine allopathique est bien évidemment sur la défensive, car perte de marché, car perte d’autorité, car elle perd un créneau celui du placebo (qu’elle a trop longtemps dénigré), et perte de reconnaissance du fait qu’elle n’incarne plus la “sagesse thérapeutique” qu’elle voudrait représenter, rappelez-vous les différents scandales: médiator, vioxx, AINS (1500 décès/an), sang contaminé, vaccination contre la grippe excessive, les anti-dépresseurs qui vous poussent au suicide, les excès de radiations, d’opérations chirurgicales, infections post hospitalisation, etc etc…

Dans un prochain article nous étudierons une autre partie de cette illusion d’efficacité en ostéopathie en se penchant notamment sur les biais cognitifs du patient et du thérapeute.

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11 Responses to “L’illusion de l’efficacité en ostéopathie (Part 1): Placebo VS Mambo Jambo”

  1. novembre 6th, 2012 at 12:59

    sham says:

    Bonjour, je fais partie de ces “sceptiques hypocrites” qui pensent que l’ostéopathie n’est rien d’autre que du placebo. Ouvert à la discussion et avec une connaissance assez rudimentaire de l’ostéopathie, je serai heureux si vous pouviez me dire ou m’orienter vers des liens qui me permettrait de changer d’avis sur ce sujet?

    Pour en revenir au placebo, en prétendant que la médecine allopathique voit l’effet placebo comme un adversaire, je pense que vous déformez la réalité. J’ai régulièrement lu sur des blogs de sceptiques la recommandation de maximiser au mieux cet effet placebo, notamment en étant à l’écoute du patient, en ayant une attitude attentive, compréhensive, rassurante si besoin, etc. Recommandation aussi d’insister sur cet aspect durant la formation en médecine. L’approche allopathique n’est donc pas en lutte contre l’effet placebo, simplement elle cherche à s’assurer scientifiquement que les méthodes préconisées sont plus efficaces que le seul effet placebo. Ce qui me semble être une attitude plutôt positive quand on cherche à soigner les gens.

    Il me semble aussi que vous alliez un peu loin dans le pouvoir de la suggestion et “l’efficacité” d’un placebo. Sur l’hypnose, cette vidéo devrait vous plaire: http://www.youtube.com/watch?v=xShWMgVKJuQ
    Et (très) grand fan de Derren Brown moi-même, je pense qu’il ne faut pas se laisser embobiner par ses explications. Régulièrement il prétend lire ou influencer la pensée des gens mais en réalité il ne s’agit que de “tricks”. Sa grande force c’est de nous faire croire qu’il arrive à son but en manipulant grâce par exemple aux techniques de PNL dont vous parlez. Or, ces techniques ne sont pas plus efficaces que d’aller à Lourdes pour guérir d’un cancer. Il y a un excellent article de Simon Singh sur Derren Brown à propos justement de ça.

  2. novembre 8th, 2012 at 2:38

    admin says:

    M. Sham,
    Ravi de votre intéressant message.

    Vous le comprendrez je ne partage que très partiellement votre point de vue, par contre votre message me permet effectivement de citer un peu plus mes sources.
    Je suis de nature plutôt sceptique vis à vis de l’ostéopathie, et j’espère qu’un tel article montre à quel point je suis prêt à être critique envers cette thérapie que je pratique depuis plus de dix ans. Avant cela j’ai fait une année de Mathsup, ce n’était pas vraiment une réussite, mais cela montre que j’ai plutôt une culture scientifique que littéraire (2 en philo au BAC…). Je suis athée ou devrais-je dire agnostique à 99,9%. Et non je ne crois pas aux phénomène paranormaux, mediumnité, télépathie et tutti quanti.

    Vous savez, l’ostéopathie “classique” ne casse vraiment pas trois pattes à un canard au niveau de l’explication de ses principes. Nous sommes tout de même loin de l’explication énergétique ou biokynergique… C’est de la mécanique pure et simple. Force, tension, compression, pression, couple, énergie cinétique, coefficient de raideur… Laissons même de côté la partie fluidique ou neurologique.
    Lors de la marche le poids du tronc descend le long de la colonne vertébrale alors que la réaction du sol remonte le long de la jambe. L’intéraction entre ces 2 forces opposées se passent au niveau de la sacro-iliaque. Si ces sacro-iliaques sont en bout de compensation, rigides, fixées, hypomobiles, pour une raison ou pour une autre (assise prolongée, chute…) cela va raidir le coefficient de raideur du bassin. Ces 2 forces opposées vont alors plus rentrer en collision. L’ostéopathe en relachant des contractions musculaires au niveau du bassin et en articulant le bassin va améliorer la mobilité du bassin, il lui redonne une capacité à compenser notamment lors de ces traumas verticaux. Cela disperse mieux dans le temps (amortissement) les tensions et compression sur les muscles, tendons et articulations(…) notamment au niveau lombaire, bassin et hanche/genou.
    Allons légèrement plus loin… en améliorant aussi la mobilité de la colonne vertébrale et du thorax il en diminuerait le coefficient de raideur. Ce qui diminue la vitesse de l’onde de choc verticale lors de la marche. la vitesse diminuant, l’énergie cinétique le fait au carré de la vitesse, ce qui diminue d’autant plus l’effet de cette onde de choc sur les structures qu’elle rencontre, provoquant ainsi beaucoup moins de micro-traumas. (Je suis en collaboration avec une école d’ingénieur depuis 2 ans sur un projet permettant de mesurer l’élasticité de la colonne vertébrale afin de pouvoir ou non prouver ce phénomène. Cependant pour la modique somme de 3800€ vous me permettrez d’arriver à la conclusion beaucoup plus rapidement.)

    Mais je comprends que vous trouviez cette explication farfelue, même si au niveau mécanique elle serait difficile à nier. Ce n’est qu’une explication donnée par un point de vue biaisé me direz vous. Voici donc un lien vers un article issu de la bibliothèque PubMed ici, Je vous laisse scruter Pubmed et Cochrane library pour en trouver d’autre. Par contre là où je vous rejoins c’est que certain “claims” ostéopathiques sont faux et là la thérapie n’est pas plus efficace qu’un placebo. Oui c’est une thérapie qui a du ménage à faire, mais non ce n’est pas que du placebo.

    Concernant le Placebo dans la médecine allopathique, c’est vrai que j’y suis peut-être allé un peu fort, mais pas tant que ça. C’est dans les années 90 que la médecine a commencé à reconnaître l’existence “réelle” du psycho-somatique. En 2002 je me rappelle d’une news qui montrait une étude qui mettait en avant les bienfaits du rire et de la bonne humeur (?) sur les rémissions de cancer. On voudrait dire “No shit Sherlock!”. Si cela est vrai, vous en connaissez beaucoup des cancéros qui essaient de faire marrer leur patient ?
    Un autre exemple il a été prouvé qu’un antidépresseur vert est plus efficace qu’un rouge, car le vert aurait des vertues calmantes (herbe nature montagne…) Pourquoi alors les antidépresseurs ne sont-ils pas verts ?
    Ou encore il a été prouvé que prendre plus de pilules avait un effet placebo plus important qu’une seule. Pourquoi alors donner 1 g de paracétamol au lieu de 4 x 250mg ?

    Concernant notre cher Derren Brown, cela fait plus de 5 ans que je regarde de manière obsessionnelle ces shows et spectacles. Oui il y a une part de show et de cuts dans ces “tours” mais pas tout le temps. Après la lecture et vidéo de différents ouvrages sur l’hypnose, mentalisme, la PNL, le Cold Reading (psychological subtleties de banachek ,encyclopedia of stage hypnosis Ormond McGill,Pure effect, absolute magic D.B, manchurian approach & reality is plastic d’Anthony Jaquin, Luke Jermay, 7 steps to mentalisms…)plusieurs tricks de Derren perdent un peu de leur magie. Mais l’utilisation de l’hypnose a une efficacité redoutable sur l’imaginaire. Derren Brown en fait un exemple lorsqu’il se fait passer pur l’homme invisible. Antony Jaquin en fait aussi l’exemple dans ses DVD sur le Manchurian approach. Cette capacité à induire des hallucinations visuelles est aussi rappelée dans d’autres ouvrages sur l’hypnose et tours de magie de cartes…

    Les 2 vidéos qui sont montrées plus haut sont 2 effets tout à fait faisable par la suggestion et notamment l’hypnose. Non pas sur tout le monde mais sur des sujets plus suggestibles. Derren Brown est un ardent combattant de “l’irrational thinking” et dans de nombreuses de ces expériences envers ces croyances, il montre qu’on peut y arriver par la suggestion sans “tricher”, sinon il perdrait crédibilité. Par contre lors de ses tours de mentalisme pour trouver un numéro de CB, oui il est fortement possible qu’il y arrive par une “hypno-force” (mettre le sujet sous ‘trance hypnotique’, lui demander son num de CB, lui demandé d’oublier de l’avoir dit et ensuite de le réveiller) et non pas en le lisant dans ses yeux. Une belle démonstration vous qui êtes fans de DB sur “Assassin” sur youtube où il montre qu’il peut pousser qq’un à commettre un crime sans qu’il s’en rappelle.

    Par contre je ne comprends pas bien votre dernière phrase. Personnellement je vois la PNL comme un outil de communication qui permet notamment de tweaker le cerveau. C’est effectivement de la suggestion pure et dure, du placebo “contrôlé” en quelques sortes. Si vous envoyez un millions de personnes à Lourdes et 1millions de personnes chez le même NLPiste oui il y a de forte chance que l’un d’entre eux soit miraculé, plus ou moins dans les mêmes proportions dans ces 2 groupes… Bien que j’aimerais croire que le NLPiste pourra mieux s’adapter aux croyances des gens que la vierge marie…

    N’hésitez pas à lire: l’effet idéomoteur en ostéopathie et crânienne et aussi le placebo dans les thérapies alternatives,

    Cordialement fan de DB !

  3. novembre 8th, 2012 at 12:52

    sham says:

    A vrai dire, je ne demande pas mieux que d’être convaincu de l’efficacité de l’ostéopathie, j’ai deux amis ostéopathes que j’affectionne particulièrement et il est parfois difficile de mettre ses idées de côté. Je n’ai pas encore eu le courage de regarder la publication, je vais essayer de le faire.

    Quelques petites remarques. Si vous êtes fan de Ben Goldacre, il prend régulièrement des exemples du même genre que vous citez sur l’effet placebo. Néanmoins vous oubliez une chose, certes on a montré qu’une pilule verte avait plus d’influence qu’une rouge dans certains cas, mais ça n’en reste pas moins un placebo. Idem pour 4 pilules au lieu d’une. La vraie question est de savoir si 4 pilules “efficaces” sont plus efficaces qu’1 pilule “efficace”. Et je crois que l’apport du phénomène placebo dans ce cas devient négligeable. Je me méfie aussi grandement des articles de journaux qui tirent des conclusions hâtives de publications, particulièrement des trucs du genre “riez et vous guérirez du cancer”. C’est évidemment pas aussi caricatural mais ça peut être ce qu’on garde en tête au final. Or vous êtes conscient des problèmes de corrélation/causalité. Peut-être que les gens qui rient ont aussi un cadre de vie plus sain, mangent une nourriture plus saine, ont moins de stress au travail, etc. Il faudrait étudier en détail l’article en question, de premier abord, cela me semble très douteux.

    Pour DB, je ne pense pas qu’on puisse arriver à programmer une personne pour tuer qqn et sans que cette personne ne s’en souvienne (je l’ai effectivement vu, trop de la balle si j’ose dire!). Comme le montre la vidéo “hypnose bullshit” que j’ai posté plus haut, les gens sur scène font ce qu’ils font parce qu’ils le veulent bien, ils se mentent à eux même.
    Il n’est pas non plus impossible que DB utilise des acteurs (stooges) dans ses spectacles. Il s’en défend, comme tout les magiciens, et effectivement personne pour le moment ne l’a “dénoncé”. A cela deux solutions possibles, ou bien il n’en utilise pas comme il le prétend, ou bien ceux qu’il utilise ne parle pas. Le récent scandale avec “Psychic Sally” est révélateur. Si vous n’avez pas suivi, c’est une psychic qui prétend parler aux morts et récemment dans un de ses spectacles des gens disent avoir entendu quelqu’un lui souffler les infos dans une oreillettes. Cet exemple nous montre qu’on peut avoir une institution qui fonctionne depuis des années (en trichant donc) sans que personne ne dénonce quoi que ce soit.
    De plus dans les 2 vidéos que vous avez posté, on ne sait pas vraiment avec combien de personnes il a essayé avant que ça marche. Il a déjà fait le coup, notamment dans une épisode sur les enchères sur le tiercé. Une autre donnée donc à garder en tête.

    J’ai vu aussi rapidement que vous avez envoyé un mail au Randi challenge. Je suis fort déçu qu’ils ne vous aient pas suivi plus. Pensez vous qu’on puisse avec des moyens un peu plus simple mettre en place un protocole et l’expérimenter nous même?

  4. novembre 8th, 2012 at 5:05

    sham says:

    en fait, je retire ce que j’ai dit sur les reality show de DB, je préfère de loin ses spectacles sur scène :)

  5. novembre 12th, 2012 at 1:31

    admin says:

    Cher Sham,

    Je vois que nous partageons les mêmes lectures et intérêts… ça me plaît bien tout ça.

    J’avais entendu de cette psychic Sally. Très croustillant cette histoire voir ici

    Pour ce qui est du placebo j’ai écrit tout un article sur l’effet du pacebo dans les thérapies alternatives que je l’espère vous trouverez intéressant.

    On pourrait argumenter de longues heures sur ces différents sujets, mais une chose que je trouve intéressante c’est que vous n’évoquez jamais votre point de vue. Vous évoquez des postures sans exposer ce en quoi vous croyez ou non.

    Si je peux me permettre, allez chercher ces réponses qui vont vous faire trancher sur votre point de vue.

    A quel moment DB gruge ou non, à quel moment le placebo fait quoi, a quel moment les gens sont “hypnotisés” ou non, qu’est ce qu’on peut faire par la suggestion ou non… cherchez ces réponses et vous verrez que nous partagerons beaucoup plus nos points de vue sur le sujet. Personnellement c’est le hobbie de toute une vie, et depuis près de 5 ans ce sont les sujets de l’hypnose,suggestions,mentalisme,paranormal qui m’ont été un sujet d’étude permanent. C’est par ce biais que j’ai eu la “révélation” que l’effet idéomoteur est une clé de l’ostéopathie (et d’ailleurs de nombreuses autres thérapies). Néanmoins cet effet idéomoteur n’est pas forcément synonyme de placebo ou d’inefficacité.

    Merci pour votre Soutien pour le concours de James Randi. (N’hésitez pas à faire un commentaire sur l’article en question.) Concernant mettre son évidence de manière plus simple:
    J’ai réalisé un cours d’une journée sur le sujet de “l’effet idéomoteur en ostéopathie” que j’ai proposé à une dizaine d’écoles mais aucune d’elles ne m’a pour le moment donné un avis favorable.
    Pourtant ce cours est un cours expérimental dont la qualité est qu’il se prouverait lui-même si l’hypothèse était exacte. Dans ce cours différents sujets sont abordés dont le pendule, la kinesiologie, le mentalisme, l’ostéopathie crânienne, fasciale, viscérale, et l’effet idéomoteur. Mais ce cours remet en cause certains préceptes en ostéopathie. J’aime à croire que les raisons de ces refus sont motivées car ce cours remuerait trop le cocotier, mais non peut-être est il seulement révélateur de l’incapacité des écoles à s’adapter au niveau de la gestion de leur cours.

    Cordialement,

  6. novembre 14th, 2012 at 6:15

    sham says:

    Bonjour Pierre!
    C’est effectivement assez sympa que nous soyons baigné dans la même culture.
    Peut on se tutoyer? J’ai essayé de lire avec intérêt quelques unes de tes intéressantes contributions. Généralement ça commence par “ah oui, bien, oui, intéressant, c’est ça, euh, ah non, euh non non, etc.”
    ;)

    Une des bases de ton raisonnement dans certains posts il me semble, c’est de suggérer l’idée que l’inconscient peut faire mieux que le conscient (comme par exemple dans ton article sur le pendule). Et en général, j’ai l’impression pour toi que tu as une vision de l’inconscient qui se rapproche de la vision des psychanalystes, comme une entité autre en soit douée de sa propre intelligence. Je pense que cette vision de l’inconscient n’est plus vraiment soutenue par les scientifiques. (En gros, non l’inconscient ne permet pas de retrouver ses clefs plus souvent que le conscient, ce serait encore mieux si j’avais des preuves pour le dire…).

    Quant à l’ostéopathie cranienne, si je peux comprendre ton argument sur le mouvement que les ostéo ressentent, et admettons qu’à la limite l’ostéo est capable de communiquer ce mouvement au corps du patient, c’est le reste que j’ai du mal à comprendre. c’est à dire la base de l’ostéopathie en réalité, comment des problèmes de mobilités dans le corps peuvent influencer des problèmes du genre douleurs aux ventres, asthmes, douleurs au cou, migraines, etc.
    Et j’espère aussi qu’un jour tu pourras tester dans une expérience bien contrôlée ta capacité à détecter les émotions humaines.

    J’ai aussi regardé rapidement l’article que tu citais plus haut. C’est jamais évident de se rendre compte de ce que vaut un article scientifique. Je note qu’il va à l’encontre de ce qu’annonce cet article http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16574972
    La raison est peut-être dans la focalisation sur les manipulations spinales (dans l’article ci dessus).
    Alors que dans l’article que tu cites dans “manual manipulation” les auteurs prenaient en compte les manipulations spinales (chiropractie) mais aussi des massages et “various soft tissue techniques” que je ne sais pas très bien ce que c’est.
    Wikipedia donne aussi un lien sur cet article encore plus récent plus ciblé sur l’ostéopathie http://www.med.nyu.edu/content?ChunkIID=37409 qui semble cette fois réduire l’efficacité de l’ostéopathie au placebo.

    Je continue mes petites lectures et bonne continuation à toi!

  7. novembre 16th, 2012 at 11:37

    admin says:

    Re cher Sham,

    Concernant mon point de vue sur l’inconscient/conscient. Je vois surtout le cerveau comme un ensemble de processus cérébraux avec différentes priorités. (à venir: Un article sur lequel je planche actuellement qui expliquera ce concept un peu plus en détail). Pour ma part j’utilise le terme d’inconscient en parlant de l’exécution de processus cérébraux dont nous ne faisons pas attention “consciemment”. Prendre conscience de certains processus cérébraux “inconscients” comme les biais cognitifs permettrait d’en être un peu moins victime par exemple, comme je ne crois pas au libre arbitre, je dirais alors qu’on complexifie le ressort ou le réflexe. Concernant l’exemple des clefs perdues, (il s’agissait d’une hypothèse si je ne m’abuse). Il nous arrive parfois de connaître le nom d’une chanson et de ne pas s’en souvenir. Pourquoi cela ne serait il pas possible de faire pareil avec ses clés ? et que le pendule s’agite là où on aurait le feeling quelles sont ? Un faux positif serait alors mon pendule s’est agité alors qu’elle ne sont pas dans le sac. “Elles devaient y être ” dira-t-on, car l’énergie des clés a fait bouger mon pendule, alors qu’en fait il ne s’agissait que d’un effet idéomoteur et de la projection “inconsciente” d’une croyance “elles devraient être dans le sac.

    À propos de l’ostéopathie et de ces nombreux “claims”. Non évidemment l’ostéopathie ne guérit pas tout. Mais là où est efficace l’ostéopathie c’est dans les troubles qui ont pour cause une dysfonction mécanique ou les troubles dont les dysfonctions mécaniques peuvent avoir un rôle important. Si un patient a une tendance asthmatique et que ses troubles se sont empirés depuis une chute à plat sur le dos, alors oui en ostéopathie il y a de fortes chances que l’on puisse l’aider. Par contre si son asthme est dû à une atteinte des bronches car cet enfant est un grand préma né par Csection, (pb de surfactant) alors non l’ostéopathie ne pourra pas faire grand chose. Maintenant si dans une recherche en ostéopathie on ne différencie pas ces différents “types d’asthmes” alors effectivement les recherches ne montreront pas d’efficacité significative sur l’asthme par exemple.

    De même pour les manipulations vertébrales: Les médecins qui font un DU en ostéopathie ne voient pratiquement que ces techniques. 300hrs de formations c’est évidemment un peu juste pour voir autre chose. Ah oui c’est impressionnant quand ça fait crac… D’ailleurs quelle vertèbre ? celle qui fait mal ? celle qui est bloquée ?ou que du L5/S1 ?
    Pourtant un simple mal de dos est un peu plus compliqué qu’une simple vertèbre bloquée. un psoas contracté? un ilium postérieur ? supérieur ? un sigmoide fixé ? adhérence cicatricielle d’une Csection? une hanche dysfonctionnelle ? un caecum ? un coccyx? un uterus ? ou tout simplement une posture pitoyable au boulot… alors si la cause provient d’ailleurs que la colonne, vous aurez beau la faire craquer la vertèbre ça ne changera pas grand chose sur du long terme.
    Faisons une comparaison avec une étude allopathique dont le symptôme est la toux (mal de dos) et la technique est un antibiotique (manipulation vertébrale). Imaginez que dans votre groupe il y ait des tuberculeux, des bronchiteux chroniques, des asthmatiques, des allergiques, des emphysèmeux, des cancéreux, des fongiques, des fumeurs, des insuffisants cardiaques et une infection bactérienne… quel sera le résultat de votre étude sur l’efficacité de votre antibiotique ? pas terrible vous en conviendrez !

    Une toux n’est pas synonyme d’une infection des voies respiratoires, un mal de dos n’est pas synonyme d’une vertèbre bloquée à manipuler… Maintenant si dans votre protocole vous ne voulez avoir que des patients souffrant d’une restriction vertébrale “primaire” (ou infections respiratoires avec l’antibio), vous verrez que vos résultats seront fortement significatifs!!!

    Au niveau viscéral il faut se rappeler que les intestins sont des muscles et peuvent se contracter et suite à un choc, psycho, somatique (coup de pieds dans le ventre par ex) il peuvent pourquoi pas rester spasmés (tout comme un muscles somatique) pourquoi alors une manipulation, stretch inhibition (…) ne pourrait pas avoir un effet sur un sigmoide fixé/hypomobile qui est accollé au psoas en regard de la S/I et qui du coup compromet sa mobilité articulaire ?

    Cordialement,

  8. décembre 14th, 2012 at 6:13

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