Osteopathie-64

Ostéopathie structurelle, viscérale et crânienne

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La PNL en Ostéopathie: comment doper le placebo

escalatorCet article est une tentative de résumé d’une semaine de formation en PNL et de sa possible application en ostéopathie. 

Qu’est-ce que la PNL ?

La PNL est l’acronyme de  «Programmation Neuro-Linguistique ». Elle sera décrite par certains  comme un outil de communication, comme une modélisation de notre fonctionnement comportemental, ou comme une thérapie brève.

Une description plus personnelle serait  la “science du placebo”.

La PNL permet d’utiliser le langage afin de mieux comprendre, de mieux communiquer et offre la possibilité d’influer sur la perception du monde imaginaire que l’on se crée de la réalité.

Nous n’allons pas énumérer tous les préceptes de La PNL mais en voici quelques uns qui nous aideront à comprendre l’utilité de la PNL en Ostéopathie.

-“Mon monde est unique”: L’interprétation du monde qui nous entoure n’est pas la même que celle de notre voisin car nos capacités sensorielles et les interprétations de ces sensations sont évidemment différentes. Notre environnement, nos capacités, notre comportement, nos croyances et valeurs vont façonner notre vision imaginaire du monde réel.

-“Nous réagissons par rapport à notre réalité”: Nos actions et réactions sont alors définies par le monde que nous nous créons de la réalité. C’est la raison pour laquelle il est souvent difficile de comprendre et d’accepter le choix ou les actions d’autrui par exemple.

-Nous avons toutes les ressources”: Bien que ce précepte soit un peu extrême, il sous-entend que nos capacités d’adaptation, de changement, d’évolution sont beaucoup plus grandes que nous ne l’imaginons. Trop souvent nous nous limitons dans notre développement personnel car nous nous pensons pas aptes: “apprendre une autre langue ? oh ! j’ai passé l’âge…” En agissant ainsi nous nous renfermons dans une zone de confort qui rétrécit alors inéluctablement.

Pourquoi avoir recours à la PNL en ostéopathie?

Le motif de consultation en ostéopathie est généralement celui de la douleur. La douleur est une perception de son propre corps et comme toute perception c’est une interprétation subjective de la réalité. On ne nie pas le fait qu’il y ait une souffrance mécanique (et c’est sur cette souffrance que l’ostéopathie va s’efforcer de soulager) mais il y a aussi une souffrance imaginaire qui est le résultat de l’interprétation de la douleur dans sa propre réalité. C’est notamment cette partie de la douleur qui répond à l’effet placebo et qui va aussi être intimement connecté et influer insidieusement sur la souffrance mécanique.

En travaillant sur la représentation que le patient a de la réalité, la PNL va permettre de modifier la partie “imaginaire” ou subjective de la douleur. La PNL dopera ainsi l’effet placebo du traitement ostéopathique. Vu que l’utilisation de la PNL est une approche verbale elle n’empiète même pas sur le temps imparti au traitement ostéopathique! Pourquoi alors s’en priver ?!

Intéressons-nous à différents axes d’utilisations de la PNL en Ostéopathie:

Éviter un champs lexical relatif à la douleur

Une expérience a été réalisée afin de voir à quel point les mots peuvent influer sur notre comportement. Le but officiel de cette expérience été d’évaluer la mémoire des candidats qui étaient séparés en 2 groupes. Le premier a reçu une liste de mots dont certains avaient un champs lexical de la vitesse,urgence et stress dans l’autre groupe c’était le contraire le vocabulaire tendait vers le “cool”, la détente, la relaxation … A la fin de l’expérience on chronométrait le temps que mettait les sujets de la sortie de la salle jusqu’à l’ascenseur situé au fond d’un couloir. Vous devinez ce qu’il se passait, les gens qui avaient reçu la liste de mots relatif à l’urgence mettaient moins de temps que ceux de l’autre groupe !

Cette expérience montre clairement que le vocabulaire que l’on utilise peut avoir un impact important sur l’inconscient de notre interlocuteur.

L’utilisation d’un vocabulaire relatif à la douleur aura tendance à valider le ressenti du patient et le renforcera dans une pensée négative “j’ai une douleur, j’ai mal, je souffre”. Il serait alors peut-être plus judicieux de substituer au vocabulaire relatif à la douleur, un vocabulaire plus neutre tel que “sensation, ressenti, sensible, gêne, dés—agréable…”.

Comparons ces 2 phrases et jugez de leurs impacts:

_ Ostéo:  “Cette douleur, quand vous fait-elle mal ?” et “Cette sensation, quand la ressentez-vous ?

Imaginez à présent l’impact sur l’inconscient du patient l’écoute d’un vocabulaire relatif à la douleur pendant toute une séance !

En utilisant un langage exempt de connotations douloureuses, on tend à rendre cette notion de douleur plus subjective, plus indéfinie, plus trouble. La représentation de la réalité du patient commence à se modifier, il ne souffre plus d’une douleur qui semble assez constante, assez intense, mais d’une gêne peu agréable et intermittente.


Les 3 principales préférences verbales

En PNL on considère que l’on a, à certains moment, une représentation et une interprétation plus visuelle, auditive ou kinesthésique de la réalité. A ces moments-là notre manière de communiquer aurait alors plus une tendance visuelle ou kinesthésique ou auditive.  Pour créer un rapport avec le patient (situation de bonne communication) il vaudrait mieux utiliser les mêmes préférences verbales. Avec un auditif utiliser un vocabulaire sonore, avec un visuel un vocabulaire visuel etc…

Manquer à cette règle peut amener à une mauvaise communication avec son patient, et par conséquent un mauvais feeling du patient vis à vis de son praticien:

(visuel) _”vous voyez ce que je veux dire?”

(auditif)_ “euh non, ça ne me dit rien du tout”

La douleur: une représentation kinesthésique

Un patient qui vient consulter pour une douleur aura certainement tendance à avoir une représentation principalement kinesthésique de la réalité. En faisant cela leur représentation de la réalité tourne autour du ressenti corporel ne laissant que peu ou plus de place à leur représentation visuelle ou auditive.

La douleur n’existant que principalement dans cette représentation kinesthésique, il peut être intéressant de ramener cette sensation dans une représentation visuelle. D’une part on va inciter le patient à quitter sa représentation exclusivement kinesthésique de la réalité pour “déstabiliser” sa représentation de la douleur et d’autre part on va pouvoir ensuite utiliser différentes techniques de PNL pour modifier, amoindrir ou casser cette représentation visuelle imaginaire de la douleur. En faisant cela on atténuera une partie de l’imaginaire de la douleur.

La notion d’ancrage dans la douleur chronique

Qu’est-ce qu’un ancrage ?

Un ancrage est un réflexe de Pavlov. En PNL un ancrage est l’association d’une stimulation à un certain état émotionnel. Par la suite la même stimulation recréera ce même état émotionnel. En fait on pourrait étendre “état émotionnel” à “toute réaction automatique” et utiliser le terme de conditionnement..

Un ancrage est efficace si une stimulation futur provoquera un état émotionnel (ou une réaction automatique) aussi fort qu’initialement “programmé”.

Pour créer un ancrage très efficace il faut: soit associé une forte ou très originale stimulation à un fort état émotionnel ou sinon associé à des stimulations originales et répétées  un certain “état émotionnel” ou “réaction automatique”.

Exemple d’ancrage et de conditionnement:

1. Une phobie est très souvent due à un ancrage “forte stimulation-fort état émotionnel”. “J’ai une phobie de l’eau, petit je me suis presque noyé…” eau => noyade (peur) étant petit et à présent eau=> grande peur = phobie

2. S’arrêter à un feu rouge. C’est un conditionnement à une stimulation originale (feu rouge) associé à une réaction automatique (s’arrêter). Les stimulations/réactions ne sont pas fortes mais elles sont extrêmement répétées (plusieurs fois par jour depuis plusieurs années). Cet ancrage est très efficace car d’une part on s’arrête sans même y prêter attention (de manière automatique) et en plus on le fait contre toute raison!  combien de fois en pleine nuit, le feu reste bloqué pendant 2 minutes et on attend alors qu’il n’y a absolument personne !? (n’y voyez aucune incitation à brûler un feu rouge)

3. Un autre conditionnement assez étrange est celui des escalators. Lorsque l’on arrive sur la première marche d’un escalator notre pied se dérobe en avant, produisant ainsi une perte d’équilibre vers l’arrière et inversement à l’arrivée. À force de les utiliser nous anticipons cette perte d’équilibre en nous projetant légèrement vers l’avant au départ ou en arrière à l’arrivée. Nous sommes tellement conditionnés à ce contre-balancement que lorsque nous arrivons sur un escalator qui ne fonctionne pas nous trébuchons vers l’avant et vers l’arrière à l’arrivée ! Preuve en est qu’un conditionnement/ancrage peut jouer des tours à notre système proprioceptif.

Les ancrages propres aux douleurs (chroniques)

Nous pourrions tout aussi bien parler des douleur aigües mais l’ancrage des douleurs chroniques est beaucoup plus vicieux, insidieux et efficace. Imaginons que vous souffriez d’une douleur chronique depuis plus de 3 ans au niveau du genou gauche. À chaque fois que vous montez un escalier, une douleur aigüe traverse votre articulation. Beau mécanisme d’ancrage en perspective ! monter escalier =>douleur aigüe genou et toutes les 2 marches Aïe ! on y remet une couche… De quoi commencer à appréhender la montée d’un escalier n’est-ce pas? Cet ancrage va très certainement aussi augmenter le ressenti de la douleur, vous faisant ressentir une sensation désagréable le jour où le genou n’est alors pas douloureux.

Un test intéressant pour savoir si une douleur a “contaminer” votre imaginaire, est de penser à une situation où habituellement vous ressentez la douleur et visualisez, ressentez si dans cette situation imaginaire vous souffrez. Si oui, alors il y a de fortes chances pour que vous ayez un ancrage puissant vis à vis de cette douleur et qu’une partie de cette douleur ou cause de cette douleur prend place dans votre imaginaire.

Imaginons à présent que votre ostéopathe préféré règle votre soucis de genou en améliorant la mécanique pelvienne, et des membres inférieurs (et autres bien sûr…). A t-il lever les ancrages propres à votre douleur ? non.  Que se passera t-il à votre prochaine montée d’escalier ? l’ancrage escalier=>douleur est toujours actif,  et il est fort à parier que cet ancrage vous donnera au moins une appréhension de l’escalier et vous rendra trop à l’écoute de toutes sensations émanant du genou, une sorte d’hypersensibilité proprioceptive. Cette hypersensibilité pourra transformer une sensation en gêne, voire en douleur. Ne pas lever cet ancrage retardera et peut-être limitera votre amélioration.

En conclusion



La PNL est un monde très vaste. Ce qui a été vu ci-dessus n’est que la partie visible de l’iceberg, ce qui est peut-être de plus flagrant comme utilisation de la PNL dans le domaine de l’ostéopathie. Nous aurions aussi pu voir la notion de “zone de confort”, les “motivateurs”, comment répondre aux attentes du patient en utilisant le modèle “4mat” etc etc.

La compréhension de la PNL et des autres “sciences” du domaine de la suggestion (hypnose, sophrologie…) est à mon sens la réponse au placebo et aux grigris en tout genre en passant par la “chirurgie bio-énergétique”. Dans d’autres articles comme plume de Dumbo ou placebo en ostéopathie, l’homéopathie quand Boiron nous prend pour des cons, le Power Balance, il se peut que le lecteur ait cru comprendre que je sois contre le placebo. Il n’en est rien. Il est évident que soigner l’imaginaire est très important et qu’il faille utiliser l’imagination! Mais par contre il est insupportable de vouloir traiter l’imaginaire par l’utilisation de grigri aux prétendus pouvoirs énergétiques. C’est mentir au patient/client et au final c’est rabaisser l’intelligence collective en faisant croire des inepties et des croyances en tout genre.

Notre cerveau “a toutes les ressources“, apprenons à les utiliser.

Je tiens à remercier Christophe Orgueil pour sa formation de qualité. Pour en savoir plus sur la PNL n’hésitez pas à jeter un oeil sur le site unpas-deplus

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7 Responses to “La PNL en Ostéopathie: comment doper le placebo”

  1. octobre 7th, 2011 at 9:14

    Flo says:

    Bravo pour cet excellent article. Je trouve impressionnant de découvrir a quel point le choix des mots est important et pourtant tellement vrai !
    Après, la PNL est certainement un outil incroyable, mais ce doit être un outil utilisé avec d’autres (dans l’ostéopathie une batterie de tests mécaniques entre autres). Utiliser la PNL – a elle seule – n’est pas suffisante (sauf a être un véritable gourou) et ne pas tenir compte de la PNL est aussi un manque.
    Le talent de l’ostéopathe est d’avoir et contrôler tous ces outils de diagnostic (qui peuvent parfois être contradictoires) pour établir un avis, puis adopter un comportement, vocabulaire et traitement en conséquence.
    D’ou la difficulté de l’ostéopathe : comment penser en même temps aux mots qu’il faut choisir, au comportement physique qu’il faut adopter en plus de la base (déjà difficile) du diagnostic et du traitement mécanique. Seule la pratique permet – au fil du temps – d’arriver a appréhender tous ces signaux et les bonnes réponses qu’il faut leur donner.

  2. octobre 14th, 2011 at 2:16

    Guillaume says:

    Excellent article !
    Etant sportif et passionné de préparation mentale, je suis totalement convaincu de l’utilité de la PNL pour “tromper” notre esprit. Et l’utiliser à bon escient peut nous permettre de nous dépasser lors d’une épreuve sportive (notamment pour lutter contre la douleur et la fatigue)

  3. novembre 18th, 2011 at 2:11

    Pourquoi trouve-t-on nos clefs avec un pendule ? Peut-on utiliser un pendule en ostéopathie ? | osteopathie-64 says:

    […] l’article “PNL: comment doper le placebo en ostéopathie” nous avons vu que notre imaginaire pouvait affecter le ressenti d’une douleur. La mise […]

  4. décembre 20th, 2011 at 12:08

    L'effet placebo est-il à pointer du doigt ? | osteopathie-64 says:

    […] Le placebo c’est la partie de la thérapie qui permet de soigner la représentation imaginaire du monde du patient. Ce côté imaginaire ce sont les raisons que l’on croit être responsable pour ce problème, notre attachement psychologique à cette douleur (elle influe sur notre vie et perdre cette douleur remettrait peut être en cause notre manière complaisante de vivre), notre définition et/ou compréhension psycho-sociale-culurelle ou encore cet imaginaire qui peut se construire par des réflexes conditionnés voir ici. […]

  5. novembre 4th, 2012 at 5:54

    Illusion de l'efficacité en ostéopathie says:

    […] Le thérapeute utilisant un ‘placebo sain’: ( à lire PNL comment doper le placebo) […]

  6. décembre 14th, 2012 at 6:05

    Tous les articles d’ostéopathie-64 says:

    […] 53. PNL pour doper le placebo en ostéopathie […]

  7. décembre 21st, 2013 at 10:51

    fonctionnement du pendule says:

    […] l’article “PNL: comment doper le placebo en ostéopathie” nous avons vu que notre imaginaire pouvait affecter le ressenti d’une douleur. La mise […]

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