Le mouvement crânien: une explication par les mouvements idéomoteurs

tournesol

L’ostéopathie est en passe de potentiellement devenir une profession de santé. Ceci devrait être considéré comme un honneur et non comme une plaie. Mais ce pas en avant demande à faire du ménage dans notre thérapie en revoyant notamment nos concepts les plus controversés dont le concept de mouvement crânien et de MRP

Jusqu’à récemment les ostéopathes clamaient haut et fort que ce qu’ils ressentaient avec leur palpation “extraordinaire” était le flux du liquide céphalo-rachidien qui déferlait dans la boîte crânienne!

jusqu’à ce que des recherches démontrent que cela n’était pas possible. Vite vite une théorie de secours! pulsation électromagnétique? le flux veineux? contractibilité de la dure-mère? La seule recherche qui mettrait en évidence une possible existence d’un lien entre le rythme crânien et un autre rythme du corps humain serait celle-ci sur l’oscillation de Traube-Hering-Mayer. Et elle date de 2002 et faite sur 23 participants. Bref un peu maigre pour soutenir l’existence d’un mouvement rythmique de la boîte crânienne et son bienfait sur la santé. Plus de 5 recherches ont été faites pour voir si 2 ostéopathes ressentaient le même rythme crânien sur un même patient et aucune n’ont été concluantes. Quand on lit un site comme celui-ci tout de suite on s’aperçoit que toutes les évidences tendent à montrer que le MRP semble plus fantasque que réel mais que nenni certainement une majorité d’ostéopathes croit encore au mouvement rythmique des os du crâne.

Mais l’ostéopathe ressent bien un mouvement non ? Voudriez-vous dire que des milliers d’ostéopathes ont des hallucinations palpatoires ?

Oui et non…

Avez-vous déjà entendu parler des mouvements idéomoteurs ?

Les Mouvements Idéomoteurs

ouijaLes mouvements idéomoteurs sont des mouvements que l’on va induire sans s’en rendre compte par le simple fait d’imaginer ce même mouvement. En fait les mouvements idéomoteurs sont l’explication de la radiesthésie (le pendule et les baguettes de sourcier) et aussi du spiritisme (l’effet du verre et la “ouija board”) et ces mouvements idéomoteurs seraient peut-être l’explication de l’ostéopathie crânienne.

extrait de wikipedia:

Les essais scientifiques faits par le physicien Michael Faraday, le chimiste Eugène Chevreul et les psychologues William James et Ray Hyman ont démontré que beaucoup de phénomènes attribués aux forces spirituelles ou paranormales, ou à des énergies mystérieuses, sont en fait dus à l’effet idéomoteur. En outre, ces essais démontrent que « des personnes honnêtes et intelligentes peuvent réaliser inconsciemment des mouvements musculaires qui sont conformes à leurs espérances » [2]. Ils montrent aussi que des suggestions pouvant influencer le comportement peuvent être obtenues par des indices subtils.

L’exemple avec le pendule:(voir article pendule et ostéo)

Lorsque l’on acquiert un pendule il faut le “calibrer”. C’est à dire qu’il faut “s’accorder” avec son pendule. Pour cela posez vous deux-trois questions auxquelles vous allez répondre par oui et notez dans quelle direction tourne le pendule. Le pendule devrait à chaque fois tourner dans la même direction. A présent faites de même avec 2-3 questions dont vous vous répondrez par la négative. Le pendule devrait faire le mouvement inverse. Maintenant il est calibré. Posez-vous des questions et regardez dans quel sens il tourne c’est bluffant! Cet effet est un effet idéomoteur. Votre inconscient induit un mouvement à peine perceptible qui va faire bouger le pendule à votre insu et en plus dans le sens logique dans lequel il devrait tourner !!! Pas étonnant que de nombreuses personnes aient cru pouvoir trouver des clés, de l’eau ou déterminer le sexe d’un futur bébé…

C’est le même effet qui existe avec les baguettes de sourcier et le spiritisme.

Serait-il possible que l’ostéopathe aussi se fasse berner de la même manière par ses sensations proprioceptives?

Peut-on décemment se dire qu’un radiesthésiste puisse se méprendre sur ses sensations proprioceptives mais pas nous ostéopathes dont la profession repose intégralement sur la proprioception ? Sommes-nous si imbus de notre personne pour croire que nous ne puissions pas être dupés par nos propres sens ?

Faites en l’expérience la prochaine fois que vous êtes sur un sphénoïde non lésionnel vous verrez que si vous vous posez une question du style: “il y a une flexion latérale droite, non ?” étrangement il exécutera au bout des quelques secondes une flexion latérale droite.

Imaginez à quel point il est désagréable de se dire que depuis plus de  80 ans nous nous sommes imaginés l’existence d’un mouvement qu’en fait nous créons à notre insu !

Mettez y de l’intention qu’ils disaient !!! et ils avaient raison, car c’est avec de l’intention que ce mouvement idéomoteur est encore plus fort !

Mais pourquoi alors de nombreux ostéopathes continuent de croire au MRP?

Imaginez l’effort cérébral qu’il faut pour reconnaître que notre système de croyance sur lequel on se base depuis des années est faux! C’est du même ordre de grandeur que pour un religieux de se dire qu’un dieu n’existe pas ou pour un américain de se dire que le socialisme n’a pas que du mauvais. Cette capacité de changement d’optique est possible mais est extrêmement difficile.

Imaginez la difficulté pour un thérapeute d’admettre à ses patients que ce qu’il leur racontait depuis des années ne serait qu’ineptie ? Bien que les patients devraient se réjouir du fait que leur thérapeute s’améliore, c’est une situation qui est difficilement et désagréablement imaginable.

Quel est l’intérêt pour l’ostéopathe de croire au MRP et au mouvement crânien qui en serait une expression:

1. l’ostéopathie défie la science: “Ce mouvement existe, nous le savons et nous le ressentons mais la science n’arrive pas à le démontrer. La science a ses limites et ne peut pas tout prouver.” Cela met en évidence la supériorité de l’ostéopathie sur la science et l’approche médicale.

2. “Ce mouvement est tellement fin que seul l’ostéopathe peut le ressentir!”: cela permet de mettre en avant la capacité “extraordinaire” de la main de l’ostéopathe. Soyons sérieux le mouvement que l’on ressent est-il vraiment de l’ordre du micro-mètre ?

3. Cela conforte la vision d’une énergie vitale qui anime le corps.

Mais alors toute l’ostéopathie crânienne est à rejeter ?

Attention ceci ne veut pas dire que l’ostéopathie crânienne ne fonctionne pas ou est inefficace mais simplement que c’est l’ostéopathe qui est à l’origine du MRP! Cela expliquerait notamment le fait que 2 ostéopathes trouvent des rythmes différents sur le même patient.

En fait le mouvement ressenti par l’ostéopathe serait l’interaction entre le mouvement qu’il induirait par les mouvements idéomoteurs et les restrictions tissulaires et ostéo-articulaires. Le patient lui même est stimulé par ces mouvements rythmiques et il est possible qu’il rentre en résonance avec ses propres mouvements idéomoteurs par cette suggestion proprioceptive.

Ce mouvement rythmique est très relaxant, et il est impressionnant de voir combien de patients tombent dans un sommeil “hypnotique” en quelques minutes. Il est aussi possible que cet état et cette approche de rythme induit facilite la relaxation de certaines tensions musculaires et restrictions ostéo-articulaires.

D’ailleurs reprenons le ressenti du rythme crânien pendant la séance en y voyant une explication par les mouvements idéomoteurs:

  1. Le thérapeute induit un mouvement de flexion/extension  mais les tensions tissulaires annihilent cet effet: l’ostéopathe interprète des tensions” crâniennes” de la pauvre mobilité crânienne.
  2. par une série de techniques directes et indirectes douces qui jouent avec ces tensions les restrictions se libèrent petit à petit. Lors de l’induction F°/E° la tête du patient commence à offrir moins de résistances aux mouvements induits.
  3. Au fil des techniques suivantes et des inductions, la tête, le cou et peut-être le corps du patient perçoivent le mouvement que l’ostéopathe essaie d’induire et finissent par l’accepter et à y participer activement de manière idéomotrice. L’ostéopathe perçoit alors un bon rythme crânien libre de tension tissulaire!

Conclusion:

En l’état actuel des choses, croire en un mouvement inhérent des os du crâne et qu’on puisse le palper est loin de faire l’unanimité. Et peu, très peu, trop peu de recherches semblent soutenir l’existence de ce mouvement inhérent le fameux “MRP”. Et de nombreuses, très nombreuses autres semblent invalider l’existence d’un tel mouvement.

On peut dire que “l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence”. Mais n’y a t-il pas un moment où on pourrait être dans le faux? Faut-il encore attendre un siècle de recherche infructueuse ou les 70 années précédentes suffisent ?

Ne serait-il pas plus sain d’affirmer qu’un tel mouvement inhérent ne semble pas exister jusqu’à preuve du contraire ? Si bien qu’il soit un jour trouvé, gloire tout de même à l’ostéopathie de l’avoir défendu avec tant de ardeur!

Ne serait-il pas plus sain de considérer que si le thérapeute ressent des mouvements mécaniques et qu’il n’y a pas de mouvements inhérents probants au niveau du crâne alors il serait (fortement) possible que le thérapeute induise ces mouvements de manière involontaire grâce notamment à l’effet idéomoteur ? Effet qui s’est déjà joué de manière similaire de milliers d’autres humains lors d’expériences de type proprioceptif.

Ce qui est étrange c’est que les ostéopathes qui ne croient pas en l’existence d’un mouvement crânien ou MRP (mouvement respiratoire primaire) sont pointés du doigt et décriés au sein de nos rangs car ils décrédibiliseraient la profession. Ne serait-ce pas plutôt le contraire qui devrait être vrai? Que ceux qui croient en un mouvement inhérent décridibilisent la profession ?

Il est aussi amusant de ne pas voir en France une seule ASP oser réfuter le MRP car cela voudrait tout de suite dire perdre une grosse majorité d’adhérents.

Ceci ne veut pas dire que l’approche crânienne ne fonctionne pas; en effet le fait que ce soit l’ostéopathe qui entretienne ce mouvement ne change que peu de chose à l’approche crânienne.

En adoptant cette nouvelle posture vis à vis du MRP et de la mobilité des os du crâne, nous aurons appris à faire preuve d’introspection et d’auto-critique et nous couperons l’herbe sous les pieds de nos détracteurs et renforceront notre image du sérieux aux yeux du grand public. Quel grand pas vers le destin d’une profession de santé!

Category: à propos de l'Ostéopathie, Auto-critique de l'ostéopathie, info ou intox, Ostéopathie crânienne et fasciale, sondage, Thinking outside the box | Tags: , , , | 14 comments

  • Maev says:

    Toujours à la recherche de la vérité…
    Intéressante remise en question et démystification d’une branche “obscure” de l’ostéopathie.
    To be continued…

  • A.Comte says:

    Dans tout enseignement (correct) de l’ostéopathie, on nous apprend à rester neutre par rapport à ce que l’on s’attend à ressentir. Nous sommes des récepteurs et non des inducteurs.

    Je suis étudiant en ostéopathie. En cours de crânien, le professeur passe après nous sur le crane pour vérifier s’il trouvait la même chose que nous, et ce, bien sûr, en aveugle pour ne pas influencer son ressenti. Nous pratiquons entre étudiants de la même façon pour nous exercer et affiner notre palpation.
    Je peux vous garantir que dans la très grande majorité des cas, les informations trouvées sont les mêmes.
    Donc je ne sais pas qui sont ces ostéopathes trouvant des rythmes différents sur des cranes, mais, avec tout le respect que je leur doit, ils devraient peut être effectuer une remise en question.

    De plus, “l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence”.
    Ne le prenez pas mal mais qui êtes vous pour juger de ce qui est vrai ou ne l’est pas ? Si A.T. Still avait attendu des preuves “scientifiques” de ce qu’il avait avancé, l’ostéopathie ne serait sans doute jamais née.

    La remise en question est une bonne chose, elle permet l’ouverture d’esprit. Mais par contre la dénégation systématique de ce que l’on ne connait pas ou de ce qu’on ne perçoit pas est assez grave je trouve…

  • admin says:

    Cher M. Comte,
    je vous remercie de votre témoignage.

    Tout d’abord je voudrais vous poser une question: Croyez-vous en la radiesthésie (pendule et baguettes de sourcier)?
    - si oui, alors vous devriez comprendre qu’il n’y a pas une seule recherche qui prouve la validité d’un tel pouvoir surnaturel et toutes les recherches prouvent le contraire: on a pas plus de chance de trouver de l’eau qu’en le faisant au hasard.
    - si non, alors vous devriez comprendre que nombre de radiesthésistes sont paradoxalement convaincus de leur capacité extrasensorielle, même après avoir échoué à ces expérimentations pourtant basiques. (voir le site de l’observatoire de zététique)

    Ces gens là ne sont pas forcément plus défaillants que vous ou moi, et pourtant ils sont convaincus eux aussi qu’ils ne sont pas responsables du mouvement qu’ils induisent sur leurs baguettes ou pendule et qu’une force extérieure les anime.
    Nos différences sont que vous pensez que les ostéopathes sont trop évolués dans leur palpation pour pouvoir se faire piéger par leur propre proprioception, alors que personnellement je pense que nous ne sommes pas si différents des “simples” humains (légère pointe d’ironie) et ne serait-il donc pas possible que nous aussi nous puissions nous faire piéger par nos sensations tactiles?

    Vous avez raison de dire qu’il faille rester neutre par rapport à ce que l’on s’attend à ressentir, mais cela est-il seulement possible après avoir pris une anamnèse, après avoir eu un cours sur la théorie du mouvement crânien, ou faire cela sans projeter ce que l’on veut trouver chez le patient, ou encore sans projeter ses propres tensions ? Se délivrer de ces suggestions psychologiques et proprioceptives semble être une tâche très difficile ou même impossible. Je ne pense pas y arriver, mais peut-être que vous si?

    Lorsque vous pratiquez vos tests en aveugle, écrivez-vous ce que vous trouvez sur un papier chacun votre tour ou vous révélez vos trouvailles à l’oral ? Serait-il possible que l’élève et le professeur ne voulant pas frustrer ou décevoir l’un l’autre, accorde leur violon ? Faites-vous de même avec le rythme du MRP? Avez-vous comparé seulement avec vos collègues ou avec des élèves qui ont eu des professeurs différents et d’une autre école ? Avez-vous testé ceci avec des tailles de praticiens différentes (un qui mesure 1,9m et l’autre 1,5m) et de même pour les patients ? Permettez-moi d’en douter.

    C’est vrai que “l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence”. Faut-il pour autant croire aux licornes, et aux loup-garous ? car le fait qu’on n’en trouve pas ne veut pas dire qu’ils n’existent pas ?
    Nous sommes au 21ème siècle, nous pouvons mesurer la distance terre-lune à un instant t au mm près, et nous pouvons manier la matière à l’échelle du nanomètre mais nous serions incapable de prouver l’existence d’un mouvement rythmique entre les os du crâne? Si bien même que ce mouvement soit de l’ordre du micro-mètre, pensez-vous sincèrement que vous puissiez sentir une mobilité inhérente micrométrique? 0,001 mm? c’est pas beaucoup… et ceci sans influencer ce mouvement ?

    Alors qui suis-je pour “juger de ce qui est vrai ou ne l’est pas”?
    Juger est un bien grand mot mais émettre l’hypothèse plus certainement… Je suis un ostéopathe tout comme votre professeur qui vous explique que le MRP existe ou tout comme M. Sutherland. J’ai reçu il me semble un enseignement “correct” de l’ostéopathie et j’ai pratiqué le “crânien” quelques milliers de fois. Il m’a longtemps semblé ressentir ce MRP. Mais après avoir lu plusieurs livres sur la suggestibilité humaine, et les pseudo-sciences, il m’ait apparu difficile de ne pas faire le lien entre ce ressenti du MRP et les mouvements idéomoteurs. Faudrait-il attendre mon 70ème anniversaire et avoir assez d’expérience pour que mon point de vue ait une certaine validité ? M. Tricot qui représente une certaine référence en matière d’ostéopathie parle de ce mouvement sans d’ailleurs le nommer “idéomoteur” avec son test du ballon (voir ici)

    Ne faudrait-il partir sur le principe que les mouvements idéomoteurs existent et que si ils se manifestaient en ostéopathie crânienne cela nous donnerait un ressenti probablement proche de ce que nous décrivons, avant de déclarer l’existence d’un MRP et d’un mouvement des os du crâne? cela serait moins discutable et on arrêterait (les ostéopathes) de se faire traiter pour des illuminés.

    Il est important de comprendre que je ne dis pas que l’approche crânienne est inefficace, et cette vision de la source du MRP en définitive ne change pas ou très peu l’approche crânienne dans sa pratique.

    Il faut faire preuve d’ouverture d’esprit certes, mais il faut aussi faire preuve d’esprit critique vis à vis de notre propre profession si nous voulons être un minimum crédible et éventuellement pouvoir faire partie des professions de santé. Pensez-vous vraiment que notre pratique de l’ostéopathie soit 100% irréprochable dans ses concepts et fondements? Quelles sont alors les endroits d’ombres d’erreurs et de mensonges? Je suis ostéopathe, je vous le rappelle et je ne pense pas faire de dénégation systématique comme certains médecins peuvent le faire voir ici!!! Mais il est vrai que nous manquons cruellement de recherche en notre domaine.

    Pensez-vous possible que l’on soit pris au sérieux par les professions de santé lorsque certains d’entre nous prétendent tester des allergies en testant le MRP et en plaçant une goutte de lait dans la paume d’un patient ?
    Que faut-il penser du kiné-ostéo qui m’explique qu’avec un power balance sur son patient les “trous énergétiques” disparaissent!!!

    Restons un minimum sérieux et de là extrapolons doucement…

    Cordialement

  • A.Comte says:

    Je ne connaissais pas ni ce fameux test des allergies, ni les vertus incroyables du power balance et je comprend mieux votre inquiétude …

    Si j’ai réagis à votre article, c’est que j’en ai assez de voir le manque de modération chez les professionnels de la santé et en particulier chez les ostéopathes; on rencontre d’un côté les “ultra-sceptiques” et de l’autre les “illuminés”; j’ai du mal à tolérer la pratique du “dénigrement par principe”, ou au contraire, “l’acte de foi”, surtout en ce qui concerne l’ostéopathie. Si j’ai mal jugé vos intentions, veuillez m’en excuser.

    Pour ma part, je fait tout pour me situer entre les 2 positions: j’essaie de porter un regard critique sur ce que j’apprends et ce que je connais, mais également, accepter que des choses dépassent les capacités actuelles de la science, ou tout simplement, de mon entendement: on peux mesurer la distance terre-lune au mm près, mais il existe encore de nombreux mystère à élucider concernant le corps humain, sa physiologie et même ses capacités …
    L’intuition et l’expérience sont, je pense, les pré-requis indispensables pour un bon ostéopathe, j’ajouterai également une pincée de scepticisme.

    Malgré cela, quand vous me demandez s’il faut croire aux licornes ou aux loup-garoup, j’ai envie de vous répondre: “donnez moi une preuve tangible et concrète que ces créatures n’ont jamais existé”.
    Tout ça pour dire, ce n’est pas parce que la science n’a pas encore réussi à démontrer l’existence du MRP que je ne sens pas effectivement un mouvement cyclique lent en posant mes mains sur un crane … D’où ce mouvement vient ? J’en sais rien, tout ce qui m’importe c’est le fait qu’il est en relation direct avec l’état de santé de mon patient.

    Loin de moi l’idée de me mettre en avant ou quoi que ce soit, ce n’était pas mon intention. Si je me suis permis de prendre des exemples de tests que je pratique, c’est que je suis précisément passionné par ces questions, à savoir, qu’est ce qui se passe sous mes mains ? dans quelle mesure en suis-je responsable ? Quelle est la place de l’effet placebo et de la suggestion en ostéopathie ?
    D’ailleurs ma première réaction à la lecture de l’article a été de me jeter sur le premier crane me passant à portée de main (les passants dans la rue ont eu un peu peur)…
    La pratique des tests en double-aveugle étant impossible en ostéopathie, je m’efforce de les faire dans le plus de conditions possibles; tout le monde ne fait pas la même taille dans mon entourage … Quand à mes professeurs, croyez moi, nous frustrer est le cadet de leurs soucis …
    Le test du ballon de P. Tricot est concluant, cependant comment pourrait-on expliquer que 2 personnes placées respectivement placées au crane et au sacrum d’un patient ressentent un mouvement de même fréquence et de même force ? Et ce, même en changeant entre eux, en alternant avec d’autres praticiens préalablement isolé à l’extérieur de la pièce.

    Pour approfondir la question du mouvement idéomoteur, je pense qu’il serait intéressant de travailler sur la suggestion. C’est un terrain glissant je sais, mais c’est la seule façon de contourner l’impossibilité de travailler en aveugle.
    Par exemple après avoir testé une SBB, pourquoi ne pas demander à plusieurs collègues (ignorant mes intentions bien sûr), ce qu’ils trouvent mais en leur donnant le résultats de mes propres tests avant ? Qu’en pensez-vous
    D’ailleurs vous parlez du crane, mais ce que vous dite s’applique avec tout ce qui s’articule de près ou de loin dans le corps humain …

    « je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien » Socrate

  • admin says:

    Cher Augustin,

    Merci encore une fois pour votre commentaire, et vous prie de bien vouloir m’excuser si ma réponse précédente paraissait un peu trop abrupte.

    Je trouve votre phrase très intéressante:

    je pense qu’il serait intéressant de travailler sur la suggestion. C’est un terrain glissant je sais, mais c’est la seule façon de contourner l’impossibilité de travailler en aveugle.

    C’est notamment autour de cela que j’essaie de créer ce site web.
    Je pense que tout le côté mystique de l’ostéopathie lui porte préjudice sur du long terme, et en déblayant tous les effets superficiels qui sont courants à d’autres thérapies ou explicable par d’autres phénomènes (suggestions, placebo, nocebo, mouvements idéomoteurs, rémissions impromptues, cold reading…) on pourra percevoir l’essence même de l’ostéopathie.

    C’est cette essence même qu’il faut ensuite tester, évaluer et valider.
    Si on trouve alors des recherches positives, alors oui, l’ostéopathie mérite de faire l’objet de recherches plus approfondies et s’en suivra une reconnaissance et une approbation scientifique et médicale. A l’inverse si l’essence même de l’ostéopathie est invalide alors notre thérapie est effectivement à ranger dans le domaine du charlatanisme.

    La manière dont je perçois la grande tendance générale des ostéopathes est de dresser une myriade d’affirmations infondées et de se cacher derrière chacune d’elles et d’expliquer que ce n’est pas improuvé donc c’est potentiellement vrai. A coup de centaines de recherches de plus ou moins pauvre qualité, trop souvent biaisées, et ceci pour chaque revendication faites par les ostéopathes, on ne sait plus démêler le vrai du faux, du fondé et de l’infondé. Ceci n’est certainement pas dans l’intérêt des patients, des ostéopathes et de l’ostéopathie.

    Alors qu’elle est cette essence de l’ostéopathie ?
    L’ostéopathie vise à ramener de la mobilité dans le corps humain, ceci est, il me semble, l’un des fondements de l’ostéopathie.
    Il faut donc arriver à prouver de manière objective que des traitements ostéopathiques ont un effet sur la mécanique du corps humain (notamment bénéfique).

    Si nous arrivons à prouver cela, alors plus une personne ne pourra dire que l’ostéopathie est du vent ou est inefficace. Bien sûr il faudra ensuite prouver qu’elle a un effet positif sur tel ou tel symptômes mais le “corps” même de l’ostéopathie ne sera plus réfutable.
    Dans le cas contraire, l’essence même de l’ostéopathie sera infondé et il nous sera difficile de se regarder dans la glace avant de partir travailler sans ressentir aucun scrupule.

    Je travaille en ce moment avec une école d’ingénieur pour aller dans ce sens, et j’espère que d’ici 3 à 5 ans je pourrais objectiver si oui ou non mon approche ostéopathique a un effet bénéfique sur la biomécanique du corps humain. Et à ce moment-là je saurais si je dois continuer de pratiquer ou bien revendre mon cabinet…

    Cordialement,

    PS: Dans le même article de M. Tricot il fait référence à une recherche de Norton (?) que 2 ostéopathes sur le même patient (un sur le sacrum et l’autre sur le crâne) ne ressente pas le même rythme ! Les conditions expérimentales sont assez différentes de celles des cours n’est-ce pas ?! ;)

  • A.Comte says:

    Bonjour,

    votre démarche de recherche de vérité est une excellente chose à mes yeux.
    Cependant je ne peux pas m’empêcher d’être un peu choqué pas votre manque de neutralité, je cite: “Mais pourquoi alors de nombreux ostéopathes continuent de croire au MRP?”. Sous-entendu: “quelle bande d’idiots”. Je sais que ce n’est pas ce que vous voulez dire mais vous dites avoir une démarche scientifique, vous ne pouvez donc pas avoir autant de parti pris:
    “nos concepts les plus farfelus dont le mouvement crânien et le MRP…”
    “Serait-il possible que l’ostéopathe aussi se fasse berner de la même manière par ses sensations proprioceptives?”
    Et ainsi de suite …

    Les quelques 5 ou 6 sources dont vous donnez le lien ne permettent pas, à mes yeux, de réfuter une théorie, certes, mais validée et appliquée par des dizaines de milliers de personnes depuis presque 1 siècle. ça ne prouve rien, je suis d’accord, mais c’est quand même quelque chose …

    Je ne dis pas qu’il ne faut pas s’attaquer aux théories et à certains fondamentaux de l’ostéopathie, je dis juste qu’il faut garder son esprit ouvert à ce que l’on ne comprend pas. Les précurseurs de la vaccination (variolisation) au XIe siècle étaient pris pour des tarés et des suppôts de Satan. Maintenant qu’on sait comment ça fonctionne, on dit tous que ces personnes étaient des génies… Et c’est le cas. Ce n’est qu’un exemple mais on peut en trouver plein d’autres.
    Votre démarche n’est pas loin d’être similaire à celle du clergé de l’époque.

    Pour ma part, je me contente de cette citation de Pierre Tricot qui exprime parfaitement ma position là-dessus:
    “À cause du nombre de facteurs non contrôlés, l’étude scientifique d’un tel composite [le mécanisme respiratoire primaire] ne peut qu’être particulièrement difficile, sinon même impossible. (…) Elle suppose en tout cas que l’on se préoccupe de l’influence que peuvent avoir le praticien et le patient sur l’expérience elle-même. Une des attitudes les plus répandues chez les ostéopathes a été de la nier, prétendant que les phénomènes d’expression de la vie tels que l’impulsion rythmique crânienne, par exemple y étaient peu sensibles. Notre expérience journalière démontre le contraire. La seule manière de parvenir à réduire ces incertitudes consiste à prendre conscience de cette interaction (la percevoir), puis à l’accepter, la comprendre et enfin apprendre à la gérer autant que faire ce peut.” P.Tricot (extrait tiré du lien que vous avez mis dans votre dernière réponse à propos de l’expérience de Horton).

    Je trouve l’exemple du pendule peu concluant car il n’inclut pas du tout la neutralité dont nous parlions plus haut.
    Et le fait que 2 ostéopathes ne trouve pas le même rythme à un crane ne prouve pas la possible application des mouvements idéomoteurs à la pratique crânienne.
    à ce propos les tests que j’effectue ne se font pas dans le cadre de mes cours. Je suis juste, autant que vous, à la recherche d’une vérité. Mon protocole expérimental n’est certainement pas parfait, mais j’essaie de le rendre le plus neutre possible (même si cela implique l’utilisation de la suggestibilité comme je l’ai dit plus haut …).

    Je trouve votre explication du MRP par les mouvements idéomoteurs très intéressante et vous m’avez donnez envie d’approfondir mes connaissances dans cette voie. Mais ce n’est qu’une explication parmi tant d’autres.

  • J’ai été intéressé par l’article qui précède et les commentaires de qualité qui l’ont suivi. Pour ma part, ayant enseigné l’approche ostéopathique du crâne pendant de nombreuses années, je viens vous faire part de quelques observations et réflexions.
    J’ai personnellement beaucoup souffert lorsque, à partir de 1977, j’ai eu la possibilité de suivre un enseignement dans le domaine de ce qu’on appelait à l’époque : “l’ostéopathie crânienne”. Cette qualification a fait du tort à l’ostéopathie en général, laissant entendre qu’il pouvait exister plusieurs types d’ostéopathie. Or comme vous le rappelez fort justement, l’ostéopathie, quelle que soit la région abordée, n’a qu’un seul but : restituer à l’ensemble du corps, sans aucune exception, des ongles des orteils jusqu’à la racine des cheveux, la mobilité, ou je dirais plutôt la qualité tissulaire dont il a besoin pour que ce que l’on nomme la santé, qu’il est, en large mesure, capable d’assurer, puisse y trouver son expression.
    Si j’ai beaucoup souffert, comme je le disais plus haut, c’est qu’à l’époque, au tout début, la pratique était quasi inexistante et il fallait soit écouter, béat, les “lectures” de Dennis Brookes soit prendre pour argent comptant ce que racontaient les mauvaises traductions de Magoun en circulation. La dichotomie semblait totale entre l’approche ostéopathique du crâne et l’attitude qu’on était sensé avoir en se tournant vers ce que l’on appelait alors l’ostéopathie générale.
    Cela est vite devenu insupportable. Mais si j’ai beaucoup souffert de la manière dont “l’ostéopathie crânienne” m’a été “administré”, l’acharnement que j’ai mis à “écouter” les crânes, à les palper, à comparer leur “consistance”, leurs formes a été une école dont je me dis qu’elle ne pouvait pas être meilleure, même si elle a été longue et parfois décourageante. Lorsque je me suis senti assez fort de cet apprentissage pratique et que s’est présenté la possibilité de l’enseigner, j’ai de façon naturelle assez vite remisé au rang de la connaissance historique les notions rattachées au MRP dont je n’ai jamais trouvé les comptes décrits par Magoun. Il semble bien d’ailleurs que cette description a été une innovation de Magoun, peut être pour “faire cartésien”, et que Sutherland n’en a jamais parlé. Mais que m’importait ces comptes et ce que vous avez envie d’appeler le conte du MRP, si les patients qui se confiaient à moi retiraient un bénéfice évident des traitements que j’étais en mesure de leur appliquer. Non pas pour évaluer le MRP, mais pour leur permettre de retrouver une qualité de mobilité tissulaire telle le crâne et le reste du corps retrouvaient ensemble l’unité partiellement interrompue.
    Comme je travaille sur le crâne, je travaille sur le corps. Il n’y a dans mon approche aucune différence sinon celle des volumes, des leviers et points d’appui que l’on peut utiliser.
    J’ai parlé de qualité concernant l’article et les commentaires. Je formulerais cependant un regret. Il me semble à vous lire, que votre intention est d’avantage porté par l’envie de détruire un “mythe” plutôt que par celle de démontrer l’efficience d’une approche dont vous dites à plusieurs reprises ne pas contester l’efficacité. Je pense qu’il n’y a plus beaucoup de gens sérieux pour s’accrocher au MRP sorti du Magoun, mais à mon sens il n’y en a pas assez pour défendre l’ostéopathie dans le champ crânien.

  • Désolé par les fautes laissées dans la version précédente.

    J’ai été intéressé par l’article qui précède et les commentaires de qualité qui l’ont suivi. Pour ma part, ayant enseigné l’approche ostéopathique du crâne pendant de nombreuses années, je viens vous faire part de quelques observations et réflexions.
    J’ai personnellement beaucoup souffert lorsque, à partir de 1977, j’ai eu la possibilité de suivre un enseignement dans le domaine de ce qu’on appelait à l’époque : “l’ostéopathie crânienne”. Cette qualification a fait du tort à l’ostéopathie en général, laissant entendre qu’il pouvait exister plusieurs types d’ostéopathie. Or comme vous le rappelez fort justement, l’ostéopathie, quelle que soit la région abordée, n’a qu’un seul but : restituer à l’ensemble du corps, sans aucune exception, des ongles des orteils jusqu’à la racine des cheveux, la mobilité, ou je dirais plutôt la qualité tissulaire dont il a besoin pour que ce que l’on nomme la santé, qu’il est, en large mesure, capable d’assurer, puisse y trouver son expression.
    Si j’ai beaucoup souffert, comme je le disais plus haut, c’est qu’à l’époque, au tout début, la pratique était quasi inexistante et il fallait soit écouter, béat, les “lectures” de Dennis Brookes soit prendre pour argent comptant ce que racontaient les mauvaises traductions de Magoun en circulation. La dichotomie semblait totale entre l’approche ostéopathique du crâne et l’attitude qu’on était sensé avoir en se tournant vers ce que l’on appelait alors l’ostéopathie générale.
    Cela est vite devenu insupportable. Mais si j’ai beaucoup souffert de la manière dont “l’ostéopathie crânienne” m’a été “administrée”, l’acharnement que j’ai mis à “écouter” les crânes, à les palper, à comparer leurs “consistances”, leurs formes, a été une école dont je me dis qu’elle ne pouvait pas être meilleure, même si elle a été longue et parfois décourageante. Lorsque je me suis senti assez fort de cet apprentissage pratique et que s’est présentée la possibilité de l’enseigner, j’ai de façon naturelle assez vite remisé au rang de la connaissance historique les notions rattachées au MRP dont je n’ai jamais trouvé les comptes décrits par Magoun. Il semble bien d’ailleurs que cette description a été une innovation de Magoun, peut être pour “faire cartésien”, et que Sutherland n’en a jamais parlé. Mais que m’importaient ces comptes et ce que vous avez envie d’appeler le « conte » du MRP, si les patients qui se confiaient à moi retiraient un bénéfice évident des traitements que j’étais en mesure de leur appliquer. Non pas pour évaluer le MRP, mais pour leur permettre de retrouver une qualité de mobilité tissulaire telle que le crâne et le reste du corps retrouvaient, ensemble, l’unité partiellement interrompue.
    Comme je travaille sur le crâne, je travaille sur le corps. Il n’y a dans mon approche aucune différence sinon celle obligée par les volumes, les leviers et points d’appui que l’on peut utiliser.
    J’ai parlé de qualité concernant l’article et les commentaires. Je formulerais cependant un regret. Il me semble à vous lire, que votre intention est d’avantage portée par l’envie de détruire un “mythe” plutôt que par celle de démontrer l’efficience d’une approche dont vous dites à plusieurs reprises ne pas contester l’efficacité. Je pense qu’il n’y a plus beaucoup de gens sérieux pour s’accrocher au MRP sorti du Magoun, mais à mon sens il n’y en a pas assez pour défendre l’ostéopathie dans le champ crânien.

  • admin says:

    Merci M. Andrieux pour votre précieux témoignage.

    Comme vous l’avez compris l’idée de ce site web n’est pas de se brosser dans le sens du poil entre ostéopathe, mais d’essayer d’être critique et objectif envers notre chère et tendre ostéopathie.
    Quoi de plus désagréable que de voir l’ostéopathie attaquée par des gens extérieur à cette thérapie, personnes qui n’ont jamais toucher de leur main un patient!?.
    Autant alors le faire soi-même de manière plus précise et aller explorer ces endroits obscures de l’ostéopathie en y démêlant le mythe de la réalité.
    Les nombreuses personnes qui critiquent de manière véhémente l’ostéopathie s’attaquent souvent au fait que l’ostéopathie dans le champs crânien soit un peu bancale, avec notamment cette histoire de rythme crânien. Ainsi pour leur retirer un élément essentiel de leur critique il convient à nous aussi ostéopathes à critiquer ce mythe du rythme crânien et à l’expliquer de manière moins controversée. Cela n’a que pour but de défendre l’ostéopathie en notamment nettoyant l’ostéopathie de ses mythes.
    Vous conviendrez qu’il est tout de même plus facile de trouver l’ostéopathie en balayant ses superflus qu’en courant recherche après recherche, méta-analyse après méta-analyse, même si évidemment ceci est la voie royale.

    Cordialement,

    Pierre

  • starmania says:

    Theorie totalement infondee, non prouvee par aucune recherche medicale, effet placebo 100%, une bonne explication chit chat par le professionel de sante pour amadouer le patient.
    Il est evident qu a l age adulte toutes les soutures sont soudees et aucune ne bouge de facon significative qu il est perceptible a main nues.
    pas etonnant que la profession peut etre vue comme …et que les medecins nous prennent pour de haut.

  • [...] Bibliographie « Le mouvement crânien: une explication par les mouvements idéomoteurs [...]

  • [...] mentalistes et magiciens et il est fortement possible que ces mouvements idéo-moteurs soient aussi l’explication du fameux rythme crânien perçu par les [...]

  • [...] Récemment j’écrivais un article sur l’explication de l’ostéopathie crânienne par les effets idéomoteurs (voir ici). [...]

  • [...] faire avancer, comme nous avons pu le faire envers l’ostéopathie sur ce site ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici,ou encore [...]


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