Osteopathie-64

Ostéopathie structurelle, viscérale et crânienne

Flower

Vers une explication du fonctionnement du pendule

tournesol3ème édition :

Comment” de l’auteur

J’ai récemment entendu parler d’un ostéopathe qui utilisait le pendule comme outil de diagnostic. Devrait-on s’émerveiller ou être scandalisé ? A première vue il est évident que cela porte un certain discrédit à la profession.

Comment un ostéopathe pourrait-il expliquer avoir recours à un pendule pour faire son diagnostic ou un traitement ostéopathique ??? C’est absolument impensable! Invraisemblable ! inimaginable ! Honte à toi, Charlatan !!!

D’ailleurs quelle logique à utiliser un pendule ??? Comment peut on rationaliser l’utilisation d’un tel objet dans une profession qui se veut devenir une profession de santé ?

Si cet ostéopathe pense qu’un pendule peut l’aider dans son diagnostic ostéopathique, il est alors essentiel qu’il comprenne rationnellement ce qu’il fait si il veut comprendre les limites de cette approche. Si il pense qu’une sorte de cosmo-electro-vital-godlike-magnétique-energy va guider son pendule vers la lésion primaire de son patient alors il court à la catastrophe!

Peut-on croire ou ne pas croire au pendule ?

Comment fonctionne réellement le pendule ?

A-t-il sa place dans un diagnostic ou le traitement ostéopathique ?

Se pourrait-il que le pendule ait en fait une certaine utilité ?

Le pendule et le mouvement idéomoteur

Non votre pendule n’est pas animé par une force invisible-cosmo-énergétique-quantique. Le pendule est en fait l’un des exemples des plus spectaculaires de l’utilisation des mouvements idéomoteurs.

Un mouvement idéomoteur est un mouvement à peine perceptible qui est effectué lorsque l’on pense à ce même mouvement. Une explication serait que si vous pensez un faire un mouvement, vous augmentez légèrement le tonus musculaire des muscles vous permettant d’effectuer ce même mouvement, ce qui contracte légèrement ces muscles et implique le-dit léger mouvement. Ce mouvement est difficilement perceptible à l’encontre de la gravité mais excelle en mouvement latéraux car dans ce cas la gravité n’influe pratiquement pas sur ce mouvement.

Ces mouvements idéomoteurs sont aussi l’explication des phénomènes de spiritisme, et de radiesthésie (baguette de sourcier). Cet effet idéomoteur est aussi utilisé par certains mentalistes et magiciens et il serait fortement possible que cet effet idéomoteur soient aussi l’explication du fameux rythme crânien ou de la motilité viscérale perçu(e) par les ostéopathes.

Pourquoi le pendule est-il un bon objet à utiliser pour visualiser ces mouvement idéo-moteurs ?

Le pendule est une masselotte (métal/pierre semi-précieuse) qui pend au bout d’un fil ou d’une chaîne.  De part sa réponse mécanique à la gravité, sa masse et sa faible vitesse, le pendule est très facilement mobilisable et avec un très faible apport d’énergie on peut entretenir un “pseudo mouvement perpétuel”, c’est exactement le même principe que celui de la balançoire.

Ce faible apport d’énergie est fourni grâce aux mouvements idéomoteurs effectués par nos bras/avant-bras/main. Notre bras est capable de soulever 10-20-30kg, alors qu’un pendule ne pèse que quelques dizaines de grammes. Ces mouvements idéomoteurs vont pouvoir très facilement bouger ce pendule sans que l’on s’en rende compte, d’autant plus que le mouvement nécessaire au mouvement du pendule (mouvement rotatoire) est perpendiculaire à l’attraction gravitationnelle.

Un autre phénomène qui en font un objet de choix, c’est sa capacité a représenté un feedback constant sur l’influence de nos mouvements idéomoteurs par l’amplitude de son mouvement.

Pour une plus grande efficacité du pendule il faut bien évidemment le calibrer, c’est à dire qu’il faut se conditionner à utiliser ce pendule:

Le calibrage du pendule

Il faut d’abord trouver le bon pendule, c’est à dire celui qui “résonne” bien dans votre main. En fait il s’agit de trouver le pendule qui a la bonne taille, le bon poids et qui se met à rentrer en résonance facilement avec vos mouvement idéomoteurs. Cela dépend notamment de la taille de votre bras, de sa rigidité, et de votre tonus musculaire.

Ensuite il faut le calibrer, c’est à  dire apprendre à être en phase avec le pendule. Par exemple on peut décider que lorsque la réponse est “non” à une question il tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et si c’est “oui” alors il tourne dans le sens horaire. L’amplitude du mouvement peut quant à elle être indicatrice de la sûreté de la réponse.

L’explication réside bien évidemment dans notre conditionnement à ces micro-mouvements idéomoteurs. On se crée un conditionnement “si oui alors micro-mouvement facilitant le sens horaire du pendule” et un autre opposé : “si non alors mouvement anti-horaire”. On ancrera profondément ce conditionnement en se répétant oui ou non et en fixant le pendule jusqu’à ce que celui-ci s’anime pour alimenter ce rétro-feedback ppositif.

Ensuite on pourra le tester en posant des questions dont la réponse sera oui/non et vérifier qu’il se mette bien à tourner dans le bon sens. Différents exercices peuvent être utilisés pour augmenter notre “communication” avec notre pendule. Cette phase est très importante pour le “bon fonctionnement” de votre pendule.

Ce calibrage n’est rien d’autre que la création et l’apprentissage de réflexes de Pavlov.

Comment expliquer que l’on puisse trouver ses clefs avec un pendule ?

Il y aurait plusieurs théories:

Théorie 1:

À moins que quelqu’un les aient touchées nos clefs sont là où on les a laissé !!! Notre conscient ne se souvient pas forcément mais notre inconscient lui il le saurait ! Notre subconscient fait le tri de ce qui est important à se souvenir de ce qu’il ne l’est pas. Si à un moment on pose ses clefs de manière automatique dans un endroit incongru c’est l’égarement assuré. Mais inconsciemment on enregistre énormément d’information que notre subconscient s’efforce de filtrer convenablement, ainsi il est fort à parier que notre inconscient sache l’endroit incongru où nous les avons perdues.

Via cette auto-hypnose et une calibration adéquate du pendule (tourner quand on se rapproche des clefs par exemple) notre inconscient pourrait s’exprimer via les mouvement idéomoteurs et donc s’affoler près de l’endroit où l’on aurait égaré les clefs. Bien sûr cela ne marcherait que si les clefs  n’ont pas été déplacées ou volés, ou encore perdues à notre insu car dans ce cas-là comment notre inconscient saurait-il où se trouve les clefs ?

Si cette théorie s’avérait exact alors le pendule serait un outil fortement intéressant car il permettrait de communiquer avec notre inconscient.

Théorie 2:

Le fait de chercher ses clefs avec son pendule va nous forcer à visiter pièce par pièce. On deviendrait alors plus rigoureux avec sa recherche et on tomberait alors sur ses clefs. Il est possible que cette visite systématique réveille en nous la mémoire de ce “posage” de clefs intempestifs en retraçant l’historique de nos derniers faits et gestes…

Une autre utilisation intéressante du pendule serait : répondre à certaines de nos interrogations. Par exemple préfère t-on sortir ou rester à la maison ? Grâce au pendule et à une bonne calibration et bonne question vous pourrez obtenir la réponse de votre subconscient et ensuite faire votre choix par exemple.

Comment un pendule pourrait nous aider au diagnostic ostéopathique ?

Méthode 1: se passer complètement de diagnostic manuel

Il est probable que si le thérapeute est bon et qu’il possède une expérience passée raisonnée et importante, alors il trouvera les endroits importants à travailler rien que par l’observation de la posture, du langage corporel et l’anamnèse. Dans son inconscient il va trouver une réponse thérapeutique adapté à votre dos par son expérience passée et les endroits susceptibles d’être source du problème. Le pendule va alors s’agiter là où le thérapeute va inconsciemment percevoir ou préjuger d’un problème.

Les dangers et limites de cette méthode 1:

Bien que dans beaucoup de cas le thérapeute trouvera les bons endroits à travailler, il fera aussi nécessairement fausse route dans pas mal d’autres car il ne se basera pas sur un diagnostic manuel individuel mais projètera les réponses thérapeutiques des patients précédents sur ce patient ou encore il se peut qu’il “projette” sur le patient ses propres tensions musculo-squelettiques ou des tensions imaginaires !

Méthode 2: une aide complémentaire au diagnostic

On pourrait imaginer que l’utilisation du pendule puisse aider le thérapeute à prendre la meilleur décision possible. Après avoir passer en revu toute la mécanique du corps avec une approche plus conventionnelle et manuelle (orthopédique/anatomique/…). L’ostéopathe aura relevé plusieurs lésions ostéopathiques mais laquelle doit-il traité en premier ? Quelle est la lésion primaire à traiter aujourd’hui ? voici une interrogation que se pose de nombreux ostéopathe à tendance minimaliste.

Il serait possible que l’inconscient de l’ostéopathe l’emmène à la lésion la plus primaire de son patient. Cette réponse inconsciente du pendule se basera sur le ressenti palpatoire que l’ostéopathe aura eu de son patient lors des différents tests manuels et l’interrogatoire qu’il aura pratiquer auparavant.

Les dangers et limites de cette méthode 2:

En utilisant le pendule et l’auto-hypnose l’ostéopathe pourrait-il trouver une réponse au niveau de son inconscient ? Son désir profond, sa croyance sincère la plus profonde. Mais au final cette réponse n’est elle pas celle qu’il aurait prise de toute manière ?

Bien évidemment un bon “calibrage” du pendule avec l’inconscient du thérapeute est essentiel pour optimiser ces méthodes peu orthodoxes d’aide au diagnostic.

Est-ce que le pendule peut aider au traitement ostéopathique?

L’utilisation auto-hypnotique

Le fait de fixer notre attention sur un objet est utilisé par les hypnotiseurs pour favoriser la transe hypnotique. Cette transe hypnotique permet de divertir le conscient de l’individu pour passer plus facilement outre ses barrières conscientes. Cela à pour but favoriser des réponses positives à des suggestions données et de communiquer plus directement avec notre subconscient. Le pendule fait d’ailleurs partie de ces objets emblématiques que l’on associe à l’hypnose.

Il devient dés lors très facile de s’auto-hypnotiser avec un pendule, car en nous nous concentrons sur cet objet nous allons nous poser une question en se la répétant. Nous rentrons alors dans une transe-hypnotique: un état mental de plus grande introspection. En fait nous contacterions de manière plus directe notre subconscient et grâce au conditionnement créé précédemment celui-ci se manifesterait en faisant bouger le pendule dans le sens qu’inconsciemment nous voudrions exprimer.

De la profondeur de la transe hypnotique dépendra votre capacité à ne pas pouvoir mentir consciemment à votre pendule. En effet plus la transe hypnotique est profonde moins nous pouvons mettre des barrages conscients et plus nous serions susceptible de répondre à un ordre ou à une question.

Dans l’article “PNL: comment doper le placebo en ostéopathie” nous avons vu que notre imaginaire pouvait affecter le ressenti d’une douleur. La mise en “transe-hypnotique” du patient en utilisant le pendule est très efficace. Cela peut permettre ensuite de travailler plus facilement/efficacement avec des techniques de suggestions de type PNL pour amoindrir la douleur imaginaire ou l’effet de la douleur imaginaire sur la douleur physique.

conclusion

Il est important que le thérapeute comprenne le fonctionnement réel du pendule pour ne pas en être la victime. Si on croit que le pendule trouve magiquement les lésions en surfant dans un cosmo-énergie trouvant les “failles auriques” du patient, le thérapeute court au désastre d’un point de vue de la crédibilité, du diagnostic et d’un point de vue thérapeutique.

Alors, est-il raisonnable d’utiliser d’un pendule pour le diagnostic ostéopathique ?

Cela permettrait d’obtenir une appréciation subconsciente du  corps du patient. Mais en fait cette appréciation subconsciente est celle qui déterminerait de toute manière notre choix pour une approche manuelle! Et si on se passe de tests manuels, alors on projette sur le patient les problèmes que l’on imagine, pas forcément  ceux dont il souffre réellement.

Expérience personnelle du pendule comme outil de diagnostic:

Après quelques tentatives en traitement, je dois avouer ne pas être convaincu. C’est une méthode très fastidieuse, lente car à chaque fois il faut se positionner en aplomb de l’endroit à tester (ou pas), et au final le choix qu’indique le pendule est de toute manière le choix que l’on aurait fait sans le pendule ! Bref peu utile en diagnostic. Mais je ne l’ai pas encore testé sur un objet perdu.

Et comme aide thérapeutique ?

Par contre le pendule pourrait servir à un thérapeute pour augmenter la suggestibilité du patient afin de travailler avec des techniques de PNL ou d’hypnose pour amoindrir d’autant plus la représentation imaginaire de la douleur. (voir article sur PNL)

Pour l’utiliser avec cette méthode le thérapeute doit doit absolument être compétent dans le domaine de la suggestion.

Et l’effet placebo via une dimension ésotérique réconfortante ?

Est-ce qu’il faille utiliser le pendule afin de satisfaire les besoins ésotériques d’un patient afin d’augmenter l’effet placebo ?

Ce n’est qu’une appréciation personnelle mais ne serait-il pas malheureux de renforcer quelqu’un dans une croyance erronée et par ce biais participer à la régression de l’intelligence collective ?

Et l’utiliser dans sa vie de tous les jours ?

Expérience personnelle de l’utilisation du pendule dans la vie de tous les jours:

Bien qu’il soit difficile d’en évaluer l’efficacité, l’utilisation du pendule au quotidien est assez intrigante. L’utilisation du pendule pour faire des choix permet de prendre le temps avant de faire une décision et de vraiment se poser les questions qui nous motivent pour faire ce choix. Cela permet aussi de faire de mini-break-méditatif en quelque sorte.L’objet même peut rapidement devenir une sorte de “plume de Dumbo“. Interprétons tout de même les réponses avec réserve.

Au Final

Au final la question n’est pas de croire ou non au pendule mais de comprendre les limites d’un pendule. Les mouvements idéomoteurs existent, et n’importe qui peut arriver à se laisser aller à donner un rythme idéomoteur à un pendule. Ce n’est pas le fait que la personne soit irrationnelle ou non qui fait que ce phénomène fonctionne ou pas,  mais le fait que la personne soit apte à créer volontairement et rapidement un réflexe conditionné “pensée oui =>mouvement dans un certain sens du pendule” et réciproquement pour non.

Il est illusoire de croire que l’on puisse trouver de l’eau ou quoique ce soit sans une explication déductive ou logique. Si vous connaissez une personne qui en est capable, et que vous voulez gagner 1M de $ alors contacter James Randi pour le lui montrer. Depuis 30 ans cet américain propose d’offrir cette somme a quiconque qui arriverait à prouver des phénomènes extra-ordinaire de ce type et le prix n’a jamais été gagné…

Maintenant si l’on se permet de traiter cet ostéopathe de charlatan qu’en est-il de ceux qui croient au mouvement inhérent  crânien ? Ce mouvement crânien ne serait-il pas lui aussi l’interprétation de mouvements idéomoteurs ?

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6 Responses to “Vers une explication du fonctionnement du pendule”

  1. November 15th, 2011 at 4:47 pm

    Flo says:

    Mouais – l’analyse est certainement bonne – ce n’est pas le pendule qui détermine l’emplacement, mais un inconscient qui donne des mouvements idéomoteurs. Et la sensibilité du praticien – ses connexions vers son inconscient, sa perception visuelle et comportementale de son patient viendront alimenter tout cela pour que le pendule bouge là où ça fait mal.
    Mais bon – cela fait une somme énorme de paramètres, dont la plupart sont des “perceptions” et pas des constats étayés par des faits ou des manipulations.

    Moi je pense – rien ne vaut – en ostéopathie – un bon diagnostic palpé de pied en cap, des questions aux patients pour compléter et valider ce qui a été détecté à la main.

    Ce qui ne remet pas forcément en cause l’utilité des pendules et la capacité de certains à trouver de l’eau grâce à un pendule. Mais à chacun son métier et à chacun ses outils !

  2. November 15th, 2011 at 11:36 pm

    admin says:

    Tout à fait d’accord Florent,

    l’ayant essayé aujourd’hui, j’ai trouvé que c’était plus une perte de temps qu’autre chose, néanmoins j’aimerais savoir si on peut trouver un objet que l’on a égaré ou non. Pour ce qui est de trouver de l’eau, je ne suis pas du tout convaincu.
    Encore ce WD, j’ai rencontré quelqu’un qui me disait être capable de trouver de l’eau et effectivement, ses baguette se croisaient quand il se rapprochait de sa piscine, et lorsque qu’il passait au dessus de tuyau de canalisation dont il connaissait l’existence… Bref un peu mince.
    Avis à tous les radiesthésiste James Randi offre 1 M de dollars à quiconque qui arrive à trouver de l’eau avec un pendule ou des baguette !!! n’hésitez pas à le contacter !!! voir lien sur son site dans le blogroll,
    Cordialement

  3. November 30th, 2011 at 12:53 am

    Albert says:

    Prochain article sur le mouvement crânien versus mouvements idéomoteurs ?

  4. November 30th, 2011 at 10:26 am

    admin says:

    Héhé oui mais déjà fait !!! voir : http://www.osteopathie-64.fr/le-mouvement-cranien-une-explication-par-les-mouvements-ideomoteurs
    Par contre la prochaine fois quelque chose de plus sérieux…

  5. December 14th, 2011 at 9:45 am

    L'effet idéomoteur: clef de voûte de l'ostéopathie | osteopathie-64 says:

    [...] Bibliographie « Vers une explication du fonctionnement du pendule [...]

  6. February 17th, 2012 at 9:01 am

    Le mouvement respiratoire primaire: l'explication par les mouvements idéomoteurs says:

    [...] Vers une explication du fonctionnement du pendule [...]

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